C'est Hervé Mariton qui aura été, finalement, le plus offensif. Dans la salle de la Commission des Finances, à l'Assemblée nationale, hier matin, l'audition de Jean-Pierre Jouyet a commencé depuis une demi-heure. L'actuel président de l'AMF, l'Autorité des Marchés Financiers, vient défendre sa candidature au poste de Directeur général de la Caisse des Dépôts (il fera de même, l'après-midi, au Sénat). "C'est un moment important", dit un député socialiste, dans une boutade: "la Caisse, c'est quand même, au sein de l'Etat, le seul endroit où il reste de l'argent". Jean-Pierre Jouyet vient, donc, de s'exprimer -un plan en 2 parties: (1) "mon parcours", (2) "mon projet"- quand Hervé Mariton, député UMP de la Drôme, prend, donc, la parole. Laurent Wauquiez, qui a passé son temps a pianoter sur son téléphone, est déja parti. "J'ai 8 questions à vous poser, Monsieur Jouyet", dit Mariton. La salle rigole mais sait aussi que ce sera le seul moment un peu délicat pour le candidat. Dans les couloirs, quelques députés -c'est vrai- ont fait connaître leur "gêne" (à Gauche, on rappelle le passage de Jean-Pierre Jouyet, dans le 1er gouvernement de Nicolas Sarkozy, et à Droite, on souligne l'amitié de longue date qui le lie à François Hollande), mais chacun sait, au fond, que cette audition n'est qu'une formalité, et que la personnalité de Jean-Pierre Jouyet (ses compétences, "son sens de l'intérêt général" dira quelqu'un) en font un candidat presque idéal pour la Caisse des Dépôts. A quelques détails près. Des détails, pas forcément anodins, et que ne manque pas de signaler Hervé Mariton. "Pourquoi Jean-Pierre Jouyet quitte-t-il l'Autorité des Marchés Financiers, alors que la régulation des marchés est pluss que jamais, une priorité? Saura-t-il dire "non" quand il le faudra (comprendre dire "non" à son ami Hollande)? Au passage, quel sera son salaire? Enfin et surtout, comment règle-t-il les conflits d'intérêts, entre son rôle futur et son passé de régulateur de la bourse. Tout est dit. Sans agressivité. Jean-Pierre Jouyet répond, point par point, avec le sourire. Son salaire sera le "même" que son prédécesseur", mais "sans part variable, ni jetons de présence". Il promet, aussi, de rester "indépendant" en toute circonstance. Enfin, sur le point le plus délicat, il annonce qu'il ne siègera pas dans les sociétés côtées, détenues par la Caisse des Dépôts: "d'autres Directeurs, très compétents, le feront à ma place" affirme Jean-Pierre Jouyet. Au final, seul 1 député a voté "contre" sa nomination.

Free, encore. C'est décidément l'un des sujets de la semaine (on en parlé presque tous les jours ici). Hier, c'est Martin Bouygues, pour Bouygues Telecom qui a décidé d'attaquer. Il a écrit à tous les parlementaires pour leur demander de mettre fin au contrat d'itinérance dont bénéficie Free, autrement dit la possibilité de se servir du réseau d'Orange. "Elle lui permet, dit Martin Bouygues, d'éviter d'investir massivement dans son réseau", et donc d'offrir des tarifs très bas. Conférence sociale, enfin. Le gouvernement, hier, a fixé un calendrier de négociations très chargé aux partenaires sociaux: mise en place des "emplois d'avenir" (pour les jeunes) et des "contrats génération"; réforme du smic, du financement de la protection sociale (avec l'idée d'une hausse de la CSG) et nouvelle réforme des retraites. Le "prime-dividendes", instaurée par Nicolas Sarkozy, est supprimée, la négociation sur les Accords "compétitivité-emploi" abandonnée. Une Loi visera à encadrer les salaires des patrons. Les syndicats sont globalement satisfaits. Le Medef, fâché, regrette l'absence de négociations pour plus de flexibilité.

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