Alors que la fuite, dans le Golfe du Mexique, n'est toujours pas colmatée (notre correspondante aux Etats-Unis, Fabienne Sintès, parlait, dans le journal, de 40 mille barils écoulés par jour), alors que rien n'est réglé donc, et que les opérations pourraient durer encore de longs mois, BP, hier, a connu une nouvelle journée chaotique, à la bourse. A un moment, en séance, l'action BP dégringolait de 15%, avant de se redresser un peu, mais depuis l'explosion de sa plateforme, le 20 avril dernier, BP a perdu plus de 40% de sa valeur. Evidemment, c'est l'incertitude sur le coût de cette catastrophe, pour la compagnie pétrolière, qui agite les marchés, et fait fuir les investisseurs. A ce jour, BP chiffre à plus d'un milliard et demi de dollars, la somme qu'elle a dû débourser. Mais, certaines estimations évoquent une facture totale (procédures judiciaires comprises) à plusieurs dizaines de milliards de dollars... 30, 40 milliards. Dans ces conditions, certains évoquent, carrément, une possible disparition de la compagnie. Les obligations BP s'échangent, d'ailleurs, au prix de vulgaires "junks bonds", des obligations pourries. Alors évidemment, BP tente de rassurer ; rappelle qu'elle a les reins assez solides pour assumer toutes ses responsabilités environnementales et économiques: 26 milliards de profits, l'année dernière! Et des bénéfices qui progressent encore en ce moment, parce que les cours du baril de brut sont orientés à la hausse. Alors, si ce n'est pas le risque d'une faillite qui fait chuter le cours de bourse, qu'est-ce que c'est? Eh bien, tous les débats, en ce moment, portent sur les dividendes. BP peut-elle encore rétribuer ses actionnaires, en pareilles circonstances. C'est une question à 10 milliards de dollars: c'est ce que verse, chaque année, BP à ses actionnaires. La direction, récemment, affirmait encore, qu'elle n'avait pas l'intention de couper ce robinet-là. Mais, aux Etats-Unis, les politiques s'en mêlent et réclament qu'elle cesse ses versements. Question de décence. Histoire aussi d'assurer que la compagnie reste solvable, jusqu'au paiement de dernier dollar d'indemnités. C'est, du coup, à Londres, que cette pression de la classe politique américaine inquiète. BP, c'est une société britannique. Ce sont, donc, dernière elle, des milions de petits porteurs, des retraités et des Fonds de pension britanniques, qui attendent de savoir s'ils vont toucher, ou pas, un dividende cette année. C'est pourquoi David Cameron, le Premier ministre britannique, a décidé s'emparer du dossier. Il va appeler Barack Obama, ce week-end, pour en parler. La majorité UMP refuse d'interdire certaines pratiques très spéculatives. Les fameuses "vente à découvert à nu", qui permettent de spéculer à la baisse, en bourse, ou sur d'autres marchés financiers. Hier soir, le gouvernement a demandé à sa majorité de rejeter un amendement socialiste (et un amendement UMP quasi-indentique) qui visaient à interdire cette pratique, sur les titres de dette française. Motif avancé par Christine Lagarde: la France ne doit pas faire "cavalier seul" dans ce genre de dossier. L'Allemagne vient, pourtant, de décrêter de façon unilatérale, l'interdiction de ces ventes à découvert à nu. Le texte, renforçant la régulation financière, a été adopté, en première lecture, à l'Assemblée nationale. 62 ou 63 ans? L'ampleur du relèvement de l'âge légal de la retraite en France n'est pas tranché, si on en croit, ce matin, "Les Echos" ou "le Figaro". Le gouvernement doit dévoiler, mardi soir ou mercredi, sa réforme. A Tours, lors de son Congrès, la CFDT dévoile, elle, son "projet alternatif". Et assume l'idée d'un nouvel allongement de la durée de cotisation, sous "certaines conditions". Des conditions "qui ne sont réunies aujourd'hui", s'empresse de préciser François Chérèque.

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