La séquence ne prouve pas forcément grand chose. On en oublie même, un instant, son objectif initial, une enquête sur l'évasion fiscale. Mais elle est "forte", comme on dit en télé. Il y a une part de comique de situation: des journalistes débarquent là où ils ne sont pas les bienvenus, provoquant des réactions gênées et maladroites. Mais la démonstration est efficace: il y a des pratiques, il existe des rendez-vous, sont organisés des déjeuners que leurs organisateurs et leurs invités préfèrent cacher. Ce type de séquences, c'est la marque de fabrique de "Cash Investigation". Le magazine d'enquêtes de France 2 revient ce soir. Ce sera à 20h45 pour la première fois. Et à ne pas manquer. "L'évasion fiscale: ces "milliards qui nous manquent", c'est le titre. Les enquêteurs de France 2 démontent, après d'autres, les rouages de ce que les multinaltionales appellent "l'optimisation fiscale", ou l'art et la manière de faire disparaître leurs bénéfices pour échapper à l'impôt. Pour ArcelorMittal, ça passe par Dubaï. Pour Amazon, par le Luxembourg. Pour British American Tabacco, ce sont les Pays-Bas qui servent de "trappe à bénéfices" (103 millions d'euros, en 2011) et qui mène les enquêteurs de Cash Investigation à cette incroyable séquence. Ils s'invitent dans un restaurant, proche de l'Assemblée nationale. Des députés, 3 anciens ministres, tous membres du "club des amateurs de havane", déjeunent, à l'invitation du cigarettier. Elise Lucet, qui présente le magazine, débarque et tente de leur poser les "questions qui fâchent" sur les pratiques fiscales de leur hôte, British American Tabacco. La suite, il faudra la regarder: certains rasent les murs, d'autres ont du mal à se justifier. André Santini -c'est le président du Club-, lui, lâche un sonore "dégagez!" à la journaliste-vedette du petit écran. "Je n'apprécie pas vos méthodes, Elise Lucet. Je vous ai connu meilleure". Au final, Patrick Balkany explique que toutes les grandes entreprises font pareil et "optimisent" leurs impôts. Les entreprises, mais aussi les particuliers. Le magazine de ce soir commence avec l'affaire de la liste HSBC, et le témoignage de Hervé Falciani, cet ancien informaticien de la banque suisse, parti avec le listing des clients. Il re-raconte toute l'histoire et dit sa déception face à l'inaction, selon lui, des autorités françaises. Au passage, on découvre qu'Arnaud Montebourg, à l'époque député de l'opposition, s'était saisi de cette affaire d'évasion fiscale. Avant de la confier à l'un de ses collègues, un certain Jérôme Cahuzac. Qui, apparement, n'en a rien fait. Peut-être, précise le reportage, parce que son frère, à l'époque, dirigait une filiale française d'HSBC

Plan. Comment Michelin a soigné l'annonce de son plan de restructuration. Un groupe du CAC40, qui fait des bénéfices, supprime plus de 700 emplois et qui délocalise, on aurait pu s'attendre à un déluge de critiques, sur le thème des "licenciements boursiers", mais, hier, rien de tout ça. Côté ministres, ceux qui se sont exprimés (Pierre Moscovici, Arnaud Montebourg) ont été plutôt compréhensifs. Dans le Figaro, ce matin, le patron de Michelin explique que "le gouvernement a été largement informé de ses projets". Insistant sur les investissements annoncés, paralèlement aux suppressions d'emplois, Jean-Dominique Sénard poursuit: "je crois que l'Etat y a vu des opportunités pour la France". Une partie, pourtant, de ces investissements, étaient déjà prévus. Et puis, le plan, présenté hier, consiste bien, à réduire les cacapacités de production de Michelin, en France. En tout cas, en ce qui concerne les pneus pour poids lourds.

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