Ca n'a pas trainé. Sitôt sa nomination annoncée, sur Twitter circulait, déjà, sa dernière tribune publiée dans le journal "L'Opinion", fin mai. Tribune au vitriol sur la politique française, où presque tout était dit dans le titre: "Arrêtons le massacre". Laurence Boone, chef économiste de Bank of America Merril Lynch, ne prenait pas de gants: "les choix de politique économique (de la France) sont quasiment inexistants", écrivait-elle. Le programme de Manuel Valls? "Il ne vise ni à soutenir la demande à court terme, ni à élever le potentiel de croissance de long terme". Son plan d'économies? "un énième coup de rabot synonyme de non-choix", tranchait encore Laurence Boone, qui concluait ainsi sa tribune: "sans changement (...), la France dans 3 ans, c'est 3 millions de chômeurs, 3-4% de déficit, une dette à 100%, et des jeunes très diplômés qui continuent à s'installer à l'étranger". C'est, donc, cette même économiste, qui désormais, conseillera François Hollande, à l'Elysée. Mi-juillet, elle remplacera Emmanuel Macron. Pas "poste à poste" (elle ne sera pas secrétaire général adjointe) mais bien chargée des questions économiques et financières. Malgré les apparences, c'est un choix de continuité. Les profils sont proches: Macron comme Boone, viennent de la banque, du secteur financier. Ils sont liés aux milieux patronaux: Laurence Boone siège au Conseil de Kering, le groupe de François-Henri Pinault. "Avec elle à l'Elysée, la ligne pro-entreprise de François Hollande est confortée" commentait, hier soir, un député, "pas de virage du virage" en vue. Les économistes qui la connaissent bien confirment: "Laurence est dans la ligne dominante: elle préconise une réduction rapide et massive du déficit, appelle de ses voeux les réformes jugées incontournables (fléxibilité du marché du travail, fléxibilité du marché des biens et services), réforme de notre modèle social devenu "trop coûteux" en cette période de croissance réduite. Les uns et les autres, (pour ou contre ses prises de position) se disent, en tout cas rassurés, sans doute dans une sorte de réflexe corporatiste: Laurence Boone est économiste de formation (ce qui n'est pas le cas d'Emmanuel Macron). "Elle sait, elle, manier un modèle macro-économique", disent-ils. "Elle saura, donc ou, du moins aura conscience des conséquences que peuvent avoir les choix politiques. Elle sait à quel point, disent-ils encore, le contexte est primordial dans la recherche, jusqu'ici vaine, d'un équilibre entre réformes structurelles, réduction de déficit et croissance.

Optimal. La Commission européenne s'attaque à l'optimisation fiscale des grandes entreprises. Elle devrait lancer offciellement, aujourd'hui, une enquête, en Irlande, au Luxembourg et aux Pays-Bas. Son but, selon le Wall Street Journal, qui révèle l'information: vérifier si ces pays n'ont pas accordé à de nombreuses firmes multinationales, des régimes fiscaux trop favorables, au-delà de ce que permetttent les règles européennes. Google, Strarbucks, Amazon, et d'autres, sont accusés d'en avoir bénéficié. Apple, également: une Commission d'enquête parlementaire américaine, il y a quelques mois, avait révélé un montage fiscal, passant par l'Irlande, lui permettant de ne payer aucun impôt, sur un chiffre d'affaire, pourtant chiffré en dizaine milliards de dollars.

En baisse. "Plus la France s'endette, moins ça lui coûte", ce n'est pas tout à fait exact, mais presque. Selon les Echos, le collectif budgétaire, présenté, ce matin, revoit à la baisse la charge de la dette française: 1,8 milliard de moins que prévu. On ne s'endette pas moins, mais les intérêts à payer sont en net recul.

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