Michel Pébereau est un homme qui aime faire la leçon. Aux journalistes, par exemple. Au cours d'un déjeuner, le président de BNP-Paribas peut se transformer en instituteur de la 3ème République, et vous tester: "quelle est la date de la fin du Moyen-âge?". Aux politiques aussi, il peut faire la leçon: on pense à son rapport sur la dette française. A ses pairs et concurrents enfin, il fait de temps en temps la leçon: "regardez comme ma banque est plus solide que les vôtres" répétait-il en pleine tempête financière. Et de fait, c'est vrai. Le bilan de Michel Pébereau, à la tête de la BNP depuis 1993, est impressionnant. Il a transformé la Banque Nationale de Paris (tout juste privatisée) en un des plus grands établissements bancaires du monde: très profitable, très influent. Tout en conservant l'image d'une banque qui ne prend aucun risque inconsidéré. Toujours prudente. Ennuyeuse, disent les analystes. Hier, c'est le Financial Times qui l'a révélé: Michel Pébereau va annoncer son départ. Il va le faire, cet après-midi, à l'occasion de l'Assemblée générale des actionnaires de sa banque. Il devrait partir en décembre, ou en janvier prochain. Là, encore, il donne une leçon aux autres banques, où les patrons ont tous "valsé" ces derniers mois, avec plus ou moins de précipitation: sa succession à lui, va se faire sans heurt. Réglée comme du papier à musique. Baudoin Prot (le fidèle) va prendre sa place. Et à la place de Prot, à la Direction générale, c'est un "pur produit BNP", Jean-Laurent Bonnafé, qui arrive. Que va donc faire Michel Pébereau de ces (riches) journées de retraité? Lire, sans doute. Les bouquins de science-fiction qu'il adore, et qu'il chronique dans le Journal du Dimanche. Mais plus certainement encore, poursuivre son activité, comme si de rien était, c'est-à-dire en travaillant à rester l'un des hommes les plus influent de la place de Paris. Certains disent le "parain". Il n'est pas loin d'être le recordman des mandats d'administrateur: jetons de présence à EADS, Total, Lafarge, Axa et Saint-Gobain. Il devrait aussi conserver ses entrées dans tous les lieux de pouvoirs: à l'Elysée, à Matignon, à Bercy, en tout cas tant que la Droite sera au pouvoir. On se souvient de la fameuse photo de Paris Match: une réunion de crise, après la chute de Lehman Brohers, dans le bureau de Christine Lagarde où tous les regards sont tournés vers lui. Sans crainte alors, d'un pourtant flagrant conflit d'intérêt. L'idée de taxer les très hauts revenus fait son chemin à Droite! Alors que l'Impôt de Solidiarité sur la Fortune- est présentée aujourd'hui en Conseil des ministres, dans la majorité, les tenants de la création d'une tranche supérieure de l'impôt sur le revenu (par exemple, comme en Allemagne, à 45%) semblent gagner du terrain. Pierre Méhaignerie, le président UMP de la Commission des Affaires Sociales de l'Assemblée nationale, affirme avoir obtenu le "feu vert" du Chef de l'Etat pour agir. La prime "dividendes", suite. Elle concernera, finalement, 4 millions de salariés, selon le Ministère du travail... et non pas "8", comme annoncé auparavant. Le dispositif sera peu incitatif pour les PME. Grèce, suite. Christine Lagarde exclut une restructuration de la dette grecque "sous toutes ses formes". Le propos est censé rassurer les marchés. On parle maintenant d'une nouvelle aide à la Grèce de 60 milliards d'euros.

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