Le reportage pourrait s'appeler "A la recherche de Marius Kolh". C'est en tout cas, l'une de ses séquences les plus marquantes, qu'on pourra voir, ce soir, sur France 2: la visite d'un Centre des impôts, au Luxembourg. La caméra est autorisée à filmer, mais sous un contrôle strict: beaucoup de portes, en fait, se ferment à son approche. Les agents cachent leurs dossiers et les secrétaires éteignent leurs ordinateurs dès que la caméra approche. On finit par en sourire. Le journaliste, auteur du reportage, est là, lui, dans un but précis: il aimerait rencontrer Marius Kohl, l'agent du fisc luxembourgeois qui gère le bureau n°6, celui qui signe tous les accords fiscaux passés avec les entreprises qui viennent s'installer là, au Grand Duché. Qui viennent pour les généreux avantages fiscaux que le Luxembourg accorde. Marius Kohl est un parfait inconnu -on ne le verra pas d'ailleurs- sauf que l'auteur de l'enquête, a retrouvé son nom sur des documents officiels censés restés à jamais cachés. Et que le reportage révèle. C'est une sorte de nouveau fichier "Clearstream": 47 mille pages -pas moins!- de documents de travail de la société d'audit PriceWaterhouseCoopers, qui dévoilent, schéma à l'appui, les montages fiscaux, mis en place par les grandes entreprises, parfois françaises, pour échapper à l'impôt! C'est le point de départ de ce reportage, qui n'hésite pas à citer quelques noms. 3, en fait: Wendel, la société d'Ernest-Antoine Seillière, Pearson, la société qui édite, par exemple, "the economist" et le "Financial Times" et qui pratique, donc, l'évasion fiscale, ou encore le labo britannique GlaxoSmithKline, qui arrive à mettre à l'abri 7 milliards d'euros. Le reportage décrypte les méthodes à l'oeuvre: les assiettes d'impôts ultra-réduites, les filiales luxembourgoises "coquilles vides", et les aller-retour financiers avec la maison-mère. Elise Lucet, qui présente le magazine, mène également plusieurs interviews-chocs, dont l'une avec le ministre luxembourgois des finances, qui vaut vraiment le détour. France 2, ce soir, va percer une partie d'un secret bien gardé, c'est à voir.

Cadeau empoisonné. Un "cadeau" à plus de 4 milliards d'euros, selon les Echos ce matin. 4 milliards que va devoir trouver le prochain gouvernement. C'est la conséquence d'une décision de la Cour de justice européenne, hier. Elle a condamné la France à rembourser, à des Fonds de commun de placements européens (des Sicav), des impôts indûment perçus. En fait, Bercy taxe aujourd'hui à 30% les revenus des Fonds étrangers et éxonère les Fonds français: c'est clairement une entrave à la libre circulation des capitaux. Bercy ne confirme pas ce montant de 4 milliards d'euros, et estime qu'un impôt remodelé des Sicav réduira la facture finale.Europe. La crise en Europe: la Grèce et l'Espagne inquiètent toujours. Barack Obama fait la leçon aux Européens: "si l'Europe est toujours dans une situation difficile, dit le président américain, c'est que ses dirigeants n'ont pas adopté, dès le début de la crise, les mesures de relance nécessaires".Crédit Agricole. Embourbée en Grèce, avec sa filiale Emporiki, le Crédit Agricole annonce ce matin, un bénéfice trimestriel, divisé par 4. A 252 millions d'euros.

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