Retour sur cette annonce, tôt vendredi dernier (8 mai, jour férié). Bercy a décidé d'augmenter sa participation au capital d'Air France-KLM. L'objectif, c'est de lui permettre de faire voter, lors de la prochaine Assemblée générale des actionnaires, le désromais fameux principe des droits de vote double. Ca ressemble, évidemment, à l'opération menée chez Renault, mais il y a quelques différences quand même. Les sommes en jeu d'abord: 1 milliard, dans le cas du constructeur auto. 50 (petits) millions pour Air France. Autre différence: pour la compagnie aérienne, Bercy n'annonce pas d'aller-retour au capital. Aucune revente des actions Air France KLM n'est programmée (en tout cas, officiellement). Peut-être, s'agit-il, cette fois-ci, d'éviter les critiques entendues dans le cas de Renault, critiques dénonçant un Etat se comportant comme le plus vil des Fonds spéculatifs. Dernière différence avec Renault: dans le cas de compagnie aérienne, tout le monde jure -à Bercy, comme chez Air France- que l'opération se passe "amicalement". Aucun psychodrame à l'horizon, comme avec Carlos Ghosn. "C'est l'anti-Renault", cette opération, jure un acteur du dossier, qui s'étonne, quand même: tous les pointages effectués, en prévision de l'Assemblée générale, montrent que la résolution proposant de rejeter le principe des droits de vote double et, donc, de mettre en difficulté l'Etat, montrent que cette résolution n'avait et n'a aucune chance d'être adoptée. Pourquoi donc, sachant ça, le gouvernement a-t-il, quand même, acheté des actions supplémentaires? A ce stade, une seule explication est avancée: Bercy veut, simplement, montrer ses muscles, prouver sa détermination. Dans les Echos ce matin, Régis Turrini, le patron de l'Agence des Participations de l'Etat s'explique: "L'Etat défend son bon Droit", voilà tout. Et il rejete l'idée, qu'avec les droits de vote double, l'Etat s'apprêterait à vendre, massivement ses parts dans le CAC 40 (puisqu'avec moitié-moins, il garderait la même influence). Il existerait, ainsi, une "cagnotte" potentielle de 16 milliards d'euros. Réponse (sèche) du patron de l'APE: "Ce n'est pas l'objectif de la Loi. Je réfute le terme de cagnotte. Et je ne confirme pas les chiffres".

Toujours attendre... Ce n'est pas aujourd'hui qu'une solution pour la Grèce va être trouvée! Il y a bien un nouvel Eurogroupe, ce soir à Bruxelles, la réunion des ministres des Finances de la zone euro, mais elle ne devrait pas permettre une sortie de crise. Dans l'attente, cette réunion n'aurait qu'un seul objectif: avancer suffisament les négociations en cours pour convaincre la Banque Centrale Européenne de relâcher son filet de sécurité temporaire, et permettre l'émission de Bons du Trésor grecs, à court terme.

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