C'était dans Libération, lundi. Une phrase mise en exergue, tirée de l'interview que le patron de l'agence de notation Moody's accordait au journal. "Notre travail est un exercice de prévision. La notation a, donc forcément, un aspect aléatoire". Ca sonne comme une excuse mais ça n'en est pas une. C'est comme ça, en tout cas, que Michel Madelain, ce Français qui dirige depuis quelques mois Moody's, l'une des 3 agences de notation qui domine le secteur, se défendait, une nouvelle fois, des accusations qui pleuvent sur lui et ses consoeurs, depuis la crise financière. Pour résumer: "les agences de notation sont trompent tout le temps: elles n'ont pas vu venir la crise des subprimes, comme, quelques années plutôt, la bulle internet". "Aujourd'hui, ces mêmes agences, après avoir été trop optimistes, sont devenues trop dures: elles accablent les Etats endettés, alimentant, du même coup, la crise de l'euro". Dans cette interview, lundi matin, Michel Madelain, le patron de Moody's se défend, point par point. Mais ce qu'on ne sait pas, alors, en lisant ses réponses, c'est que Moody's s'apprête, une nouvelle fois, à secouer l'Europe. Lundi, quelques heures donc après la parution de Libération, son agence décide de dégrader une nouvelle fois, la Grèce. De 3 crans d'un coup: la dette du pays est rangée au rang des produits financiers "hautement spéculatifs". Moody's ne croit pas que la Grèce soit capable de redresser ses comptes publics, malgré la cure d'austérité sans précédent imposée à sa population. Conséquence prévisible: la décision fait immédiatement grimper les taux d'intérêt sur la dette grecque, mais aussi sur celle de l'Irlande et du Portugal. La crise redémarre. Jeudi, nouvelle frappe: à la surprise générale, Moody's dégrade l'Espagne. En raison, notamment, de l'état inquiétant de ses banques. En Europe, on commence à crier au "complot". Alors que les dirigeants de la zone euro doivent se réunir, ce soir, à Bruxelles pour élaborer un "pacte pour défendre l'euro", l'agence fait clairement pression sur les politiques, dénoncent certains. "Elle sanctionne les pays les plus faibles pour obtenir un durcissement des mesures de rigueur qui s'annoncent". L'agence, elle, redit que son travail ne tient jamais compte du calendrier politique. Un économiste conteste: "c'est bien Moody's qui dicte, aujourd'hui, à l'Europe sa conduite". Le café, également, atteint des sommets! Les cours, hier, ont atteint, à New York, leur plus haut niveau depuis 34 ans! C'est vrai, en tout cas, pour l'arabica qui sert de référence. Le marché mondial du café est déséquilibré depuis plusieurs mois, en raison de récoltes désatreuses en Colombie, au Vietnam ou encore en Indonésie. Le conflit à la SNCM. Il dure depuis 39 jours. Après l'intervention des forces de l'ordre, hier, dans le port de Marseille, les marins ont reconduit leur grève. Une rencontre à la Préfecture, en fin de journée, n'a débouché sur rien. A l'origine du mouvement: la diminution des rotations entre Nice et la Corse, le non-remplacement d'un navire à grande vitesse qui font craindre aux syndicats le "démentèlement" de la SNCM. Effet (immédiat) du tremblement de terre ressenti au Japon... La bourse de Tokyo a fortement baissé. -1,72% à la clôture. Le yen recule face au dollar.

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