La "lettre de cadrage", vendredi, et le JDD, hier. Les ministres viennent de passer un mauvais week-end. Par 2 fois, ils se sont vus rappeler les impératifs de la rigueur, et ce nouvel objectif: les 5 milliards d'économies supplémentaires qu'ils vont devoir faire, l'année prochaine, ponctionnés directement sur leur budget. Vendredi, c'est, donc, le Premier ministre qui leur a écrit: "nous devons poursuivre l'effort de redressement de notre pays" leur explique Jean-Marc Ayrault, dans ce courrier de 3 pages. Cette lettre de cadrage qui signe, avec de l'avance sur le calendrier habituel, le début de la procédure devant mener à la rédaction du projet de budget pour... 2014! C'est le piège de la crise de la dette et des nouvelles procédures budgétaires adoptées pour la contrer, qui se referme: en anticipant la prise de décision, on est sensés être plus performants mais on donne, aussi, l'impression d'une recherche permanente de ressources ou d'économies nouvelles. Résultat, les milliards s'ajoutent aux milliards. Il y a ceux de la TVA, de janvier prochain, les 6 milliards d'impôts perdus à "combler" et puis, encore, la promesse d'être sous les 3% de déficit. Tout ça s'adittionne mais, là, depuis vendredi, il s'agit aussi de supprimer 5 milliards de dépenses, ce qui ne sera pas facile à faire. Hier, dans le Journal du Dimanche, Jérôme Cahuzac, s'est chargé de l'explication de texte. A destination du grand public, tout autant que de ses collègues du gouvernement: "il n'y a pas de ministère intouchable" prévient le ministre chargé du budget qui ne concède que 3 exceptions: l'Education, la Police et la Gendarmerie, mais pour leurs seuls effectifs, pas pour leurs dépenses! "Tous les crédits sont potentiellement visés" ajoute Jérôme Cahuzac qui tacle, au passage, les ministres qui ont expirmé des doutes sur la poursuite de ses efforts: "certains ont pu souligner la grande difficulté de cette tâche [mais] chacun, en vérité, en a toujours eu conscience". Revoilà donc Jérôme Cahuzac "le méchant du gouvernement" comme l'avait surnommé Libération, à sa une, en septembre dernier, chargé désormais, de négocier avec ses collègues et de trouver, avec eux ou contre eux, 5 milliards d'économies nouvelles. Jean-Marc Ayrault ne leur a donné qu'une quinzaine de jours pour y arriver.

Poursuites. Manuel Valls promet des suites judiciaires après les violences, la semaine dernière, lors d'une manifestation des salariés de Goodyear. 19 policiers ont été blessés, dont 2 sérieusement. "La justice va être saisie" a affirmé, hier soir, le ministre de l'Intérieur: "il y a eu des violences sur des policiers, qui n'étaient pas là pour empêcher une manifestation, mais pour protéger des locaux", précise Manuel Valls, qui dès la semaine dernière avait dénoncé ce qu'il qualifiait "d'agressions" contre des policiers, ce qui lui avait valu le titre de "bon petit soldat du capital", attribué par le Nouveau Parti Anticapitaliste. Le NPA qui juge, lui, "légitime" la révolte des salariés.En baisse? Baisser la TVA dans le bâtiment, à 5%, voire 2,5% pendant 2 ans", c'est une proposition de Jean-Louis Borloo. Pour le président de l'UDI, c'est une "urgence", et c'est le moyen de relancer la construction de logements en France. Aujourd'hui, la TVA sur le bâtiment est à 7% et pourrait passer à 10%, au premier janvier prochain.

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