Finalement, ce n'était pas une nouvelle provocation, c'était une reddition. Je parle de la conférence "surprise" de Xavier Niel, hier. On en parlais, ici même, hier matin: le simple envoi de l'invitation à cet événement, lundi, a provoqué la panique dans le secteur des télécom. Rien sur l'invitation. Simplement une ligne de code signifiant "surprise", et les esprits se sont emballés. Les plus inquiets ont pensé que le patron de Free allait relancer la guerre des prix dans la téléphonie mobile, et ont tout vendu à la bourse. Xavier Niel pensait-il, lui-même, provoquer de telles réactions? Il a dû apprécier, en tout cas, l'étendue de son pouvoir. Et la crainte qu'il suscite. Une situation paradoxale parce qu'hier, le fondateur de Free n'avait rien de révolutionnaire à annoncer. C'est même tout l'inverse: c'est un énorme chapeau que le patron de Free est venu avaler devant journalistes et fans réunis. Ce qu'il a dévoilé, c'est une nouvelle "box" internet/télévision/téléphone. Une "box" dite d'entrée de gamme (à 29 euros 99 quand même), images très haute définition. Une "box", avec une télécommande équipée d'un micro, à qui on peut lui parler. Une "box", enfin et surtout, pilotée par un système d'exploitation non pas signé Free, mais signé... Google! Hier, Xavier Niel a eu beau essayer de faire passer la nouveauté pour une incroyable nouvelle, le choix pour un système "hyper-populaire", il s'agit bien, pour Free, d'un renoncement, l'abondon des armes, au profit du géant américain. Il y a quelques semaines encore chez Free, on raillait le choix des concurrents qui avaient choisi de "mettre à Google" dans leurs "box. Et voilà que le trublion français fait pareil! Un gros risque, parce que gérer le système d'exploitation d'un ordinateur, d'un téléphone... et donc d'une box télé, c'est avoir un accès direct aux clients. Aux clients d'un autre, en l'occurence. C'est le pouvoir de détourner une partie des profits, de gérer directement les contenus. C'est, autrement dit, "donner les clés" à Google! Chez Free, on passe, sur cette question, de la provoc' à la justification: on assure avoir obtenu toutes les garanties nécessaires face au géant Google, qui, déjà partout, vient d'obtenir un droit d'entrée dans nos salons.

Toujours plus! Pierre Moscovici demande à la France + d'économies et + de réformes! Pierre Moscovici était ministre de l'Economie, il n'y a pas si longtemps, commissaire européen aujourd'hui. Maintenant, il trouve que le gouvernement français n'en fait pas assez. Dans un entretien au Figaro ce matin, Pierre Moscovici prévient ses anciens collègues: la France doit faire des efforts supplémentaires, en échange du nouveau délai de 2 ans qui vient de lui être accordé pour repasser sous les 3% de déficit. Pour le commissaire européen, Paris doit présenter "avant le 10 juin prochain" 3 à 4 milliards d'économies nouvelles et, toujours en juin- un "plan de réformes détaillées", la loi Macron, la refonte du dialogue social, et les négociations sur les retraites complémentaires n'étant pas jugées "suffisantes".

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