Ce puits sans fond, c'est AIG, l'assureur américain qui vient, une nouvelle fois, d'obtenir le soutien de l'Etat américain. En septembre, juste après la chute de Lehman Brothers, celui qui, il n'y a pas si longtemps encore, était n°1 mondial de l'assurance. AIG tirait la sonnette d'alarme et obtenait un prêt de 85 milliards de dollars de la part des autorités américaines qui le plaçaient sous leur tutelle publique. Quelques semaines plus tard, nouvelle alerte et nouvelle aide : 38 milliards, cette fois-ci, mais le PDG d'AIG le promettait "c'est la dernière fois", disait-il. Comme quoi il ne faut pas toujours croire un patron... Hier, l'Etat américain a dû sortir, à nouveau, son carnet de chèques pour porter l'aide totale publique accordée à AIG, à 150 milliards de dollars, ce qui en fait potentiellement le sauvetage le plus coûteux de l'histoire de la finance mondiale ! 150 milliards, c'est la richesse annuelle produite par des pays comme l'Ukraine, la Hongrie ou les Philippines. "Le contribuable s'y retrouvera, au final... au terme du processus de redressement" jure, maintenant, le patron d'AIG - qu'on n'est plus obligé de croire. Il n'est pas responsable, cela dit, des dégâts causés : il vient juste d'être nommé à la tête du groupe. Un groupe qui incarne ce qu'est cette crise. Ce n'est pas, en effet, son métier d'assureur qui l'a précipté ainsi au fond du gouffre mais ses investissements massifs et hasardeux dans des produits financiers complexes (les CDS) qui cachaient les fameux subprimes ! AIG a cru, comme beaucoup d'autres, que ces CDS étaient très rémunérateurs et peu risqués. Finalement, c'est exactement l'inverse qui s'est produit. Sans qu'on soit certains, ce matin donc, d'avoir touché le fond. Le "yo-yo" à la bourse continue. Hier, en Asie, les places boursières étaient "euphoriques", après l'annonce d'un plan de relance en Chine. Ce matin, le coeur n'y est plus : Tokyo a terminé en baisse de 3%. Reculs également à Singapour, Hong Kong et Shanghaï. C'est New-York, en fait, hier soir, qui a inversé la tendance avec une série de mauvaises nouvelles concernant plusieurs grandes entreprises américaines. Notamment les constructeurs automobiles : l'action General Motors a perdu encore 23% hier pour retrouver son niveau d'après la seconde guerre mondiale. Quelle relance économique ? Au Royaume-Uni (le pays de Keynes), Gordon Brown réfléchit à des baisses d'impôts pour relancer la consommation et soutenir l'activité. Le Premier ministre britannique envisage, également, d'augmenter la dépense publique. L'avenir de Molex. Les syndicats de Molex, un sous-traitant automobile, ont été reçus, hier, à Bercy. Leur usine de Villemur-sur-Tarn est menacée de délocalisation. Luc Chatel, le secrétaire d'Etat à l'Industrie, leur a promis de rencontrer prochainement l'actionnaire américain de l'entreprise pour le convaincre de vendre l'usine à un éventuel repreneur plutôt que la fermer. 300 emplois sont concernés, au total.

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