"C'est dommage, si cette Loi avait été votée, une semaine plus tôt, peut-être que Standard & Poor's aurait jugé la France différement". C'est avec avec boutade que Benoit Hamon a conclu, vendredi, une conférence de presse, organisée pour saluer l'adoption, quelques heures plus tôt, au Sénat, de son projet de Loi sur l'Economie Sociale et Solidaire. C'est le premier du genre, la première fois que le Législateur se penche sur ce secteur qui représente, tout de même, 10% du PIB français! Benoit Hamon n'est pas peu fier d'être arrivé à faire passer ce texte. Au Sénat donc, d'abord: il sera examiné, après les Municipales, à l'Assemblée. Mais vendredi après-midi, c'était aussi la nouvelle dégradation de la France, par Standard & Poor's qui occupait les esprits. Et celui du ministre, qui, au micro, ironise sur ces "agences magiques" et, un peu plus tard, en aparté, souligne, les limites atteintes par l'austérité: "au final plus de marge de manoeuvre pour lever l'impôts, et pas beaucoup plus, non plus, selon lui, pour réduire les dépenses". Ce week-end, Benoît Hamon (aux Rencontres du Mont-Blanc, consacrées, précisément à l'Economie Sociale et Solidaire) dira encore que "l'enjeu des politiques n'est pas d'être jugés par Standard & Poor's mais par nos concitoyens. L'emploi est la seule notation importante" dit encore le ministre, qui fait, donc, le lien avec sa Loi. L'Economie Sociale et Solidaire emploie plus de 2 millions de personnes. C'est un secteur (c'est assez rare en cette période de crise) qui embauche. Avec sa loi, Benoît Hamon espère 100 mille postes supplémentaires. Grâce notamment à de nouveaux moyens de financement. Son texte instaure aussi un nouveau statut, celui de SCOP "d'amorçage" pour accélérer leur développement. Il met en place, surtout, un nouveau Droit pour les salariés, un Droit d'information prélable. A l'avenir, le patron d'une PME devra informer, ses salariés, de tous projets de cession de son entreprise. Le but est de permettre aux salariés d'envisager de la racheter, en mode coopératif (en SCOP). Au nom du "secret des affaires", le patronat a âprement bataillé contre cette disposition. "Il se sentait, sans doute, porté par un vent en sa faveur depuis la rentrée" mais je n'ai pas cédé" a expliqué Benoît Hamon, au fond, pas mécontent d'être pris pour cible par le Medef. Vendredi d'ailleurs, le ministre était venu présenter sa Loi, en compagnie de Jean Auroux, le ministre du travail de François Mitterrand, qui a signé, en 81/82, une série de Loi renforçant les droits des salariés. "A l'époque, on m'a accusé d'installer des Soviets dans les entreprises" rappelle Jean Auroux, "mais aujourd'hui, qui critique ces avancées?".

Reprise. L'Europe et les Etats-Unis reprennent, aujourd'hui, leurs négociations commerciales. Et pas forcément dans les meilleures conditions. Ce deuxième "round" de discussions, à Bruxelles, aurait dû se tenir à la mi-octobre, mais le "shutdown" aux Etats-Unis avait obligé à reporter le rendez-vous. Depuis, c'est le scandale de l'espionnage de la NSA qui est venu entamer la confiance. Dans ce contexte, la Commission européenne affirme qu'elle ne transigera pas sur les normes de protection des données personnelles.Inquiètude. Le Portugal n'est pas à l'abri de devoir réclamer un 2ème plan d'aide. Hier, le ministre portugais des Affaires étrangères a prévenu: si les taux d'intérêt demandés à son pays, sur les marchés financiers ne redescendent pas, d'ici l'été prochain, à 4etdemi% (ils sont à 6% actuellement), alors le Portugal n'aura pas d'autre choix que de solliciter, à nouveau, une aide internationale.

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