Pascal Soriot est le Directeur Général du groupe pharmaceutique britannique AstraZeneca. Il est français, et, pour ainsi dire, on l'a découvert au printemps dernier, quand il a refusé les 100 milliards de dollars que proposait le géant Pfizer pour racheter son labo. Soriot, en quelques jours, est devenu le "frenchy qui dit non aux Américains". Qui plus est, il l'a emporté! Il y a quelques jours, prié de dire s'il est interressé par le poste de patron de Sanofi, Pascal Soriot a refusé de répondre aux journalistes. Il en a profité, en revanche, pour leur demander un petit service "je suis souvent cité comme LE Français du secteur pharmaceutique, mais vous pourriez aussi m'appeler l'Australien. Ma famille vit en Australie et c'est là-bas où je prendrais la retraite". Sans doute, est-ce pour lui, une façon de faire retomber la pression, parce que depuis 15 jours, depuis l'éviction de Chris Viehbacher, de la tête de Sanofi, le grand labo pharmaceutique "français" est à la recherche d'un sucesseur, et le nom de Soriot revient avec insistance. D'autant plus que l'attachement à la France du futur DG semble être l'un des critères retenus. L'attachement à la France, et surtout la connaissance des rites et coutumes de la place de Paris: c'est clairement ce qui a manqué à Chris Viehbacher, débarqué. Le résultat d'un "choc des cultures" pour beaucoup. Viehbacher, l'anglo-saxon, n'a pas réussi, n'a pas voulu se plier à la culture française, où la politique, les réseaux comptent autant que la performance de l'entreprise. Pour les analystes (anglo-saxons), c'est clair, son limogeage, c'est un "coup de force franchouillard", l'installation de Chris Viehbacher et de sa famille aux Etats-Unis (loin du siège social parisien) aurait été la goutte d'eau. Au sein de Sanofi, on récuse cette lecture des événements, les administrateurs étrangers du groupe ayant voté, comme tous les autres, pour son éviction. Mais dans le dernier numéro de l'hebdomadaire Challenges, Jean-Louis Beffa, l'ancien patron de Saint-Gobain qui fait figure de "parrain" du capitalisme français, enfonce le clou: "oui, la nationalité du patron compte. Il faut veiller, dit-il, à ce que les multinationales françaises soient dirigées par des Français. Sa nationalité, son sentiment d'appartenance, sa reconnaissance pour la méritocratie française qui lui a permis de réussir, explique Jean-Louis Beffa, vont pousser un patron à rester en France. Les entreprises apatrides (qu'incarnait Chris Viehbacher) finissent, elles, toujours pour se plier au modèle américain".

Laisser filer. La Russie laisse filer sa monnaie. Et c'est le signe que l'économie russe va de plus en plus mal. La banque centrale russe n'arrive plus à contenir la chute de sa monnaie: face au dollar, le rouble a perdu 8%, la semaine dernière... 30% depuis le début de l'année. Pour soutenir les cours, ces derniers jours, la Russie a pioché dans ses réserves: vendu des dollars en échange de rouble, mais ça n'a pas servi à grand chose. Elle renonce, donc et va laisser, désormais, flotter sa monnaie. Le risque, c'est d'affaiblir, encore, l'économie russe, en quasi-récession.

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