Ils sont Américains. Forcément Américains, puisque 3 fois sur 4 ou presque, c'est le cas! Hier, le Prix Nobel d'économie 2011 a été décerné à 2 Américains Thomas Sargent et Christopher Sims. Le Comité Nobel salue leurs "recherches sur les causes et les effets en macroéconomie". Ces 2 économistes, libéraux -c'est l'autre constante de ce Prix- sont des références en matière de modélisation de l'économie. Thomas Sargent les a peaufiné (ces modèles économétriques), variable après variale, dans les années 70 et 80. Leurs objectifs à tous les 2, c'est d'évaluer les influences et interactions complexes qui existent entre la politique bugétaire, fiscale ou monétaire des Etats et la croissance, le chômage et l'inflation. De nombreuses banques centrales agissent, aujourd'hui, en se basant sur leurs travaux. Hier, les 2 Nobel ont, évidemment, été interrogés sur la situation actuelle. Sur la crise mondiale, le "marasme économique mondial", Christopher Sims a reconnu qu'il n'avait pas de solution simple a proposer. "Si je l'avais, je l'aurais propager dans le monde entier" a-t-il dit, persuadé, quand même, que ses travaux peuvent contribuer à trouver cette solution. Sur la crise de la zone euro, en revanche, les 2 lauréats du Nobel d'économie 2011 ont été beaucoup plus clairs: là, ils ont la solution! Christopher Sims se distingue d'ailleurs, puisqu'en 99, il avait prédit ce qui nous arrive aujourd'hui: "sans autorité budgétaire, avait-il écrit, la zone euro va tout droit à la crise". Thomas Sargent, lui, compare la situation de la zone euro à celle des 13 Etats fondateurs des Etats-Unis. Au bord de la faillite après l'indépendance (en 1776), il s'en sont sortis en unissant leur budget, explique-t-il. Pour les 2 Nobel, l'euro survivra donc si les pays européens trouvent, enfin, la manière de partager leurs budgets. En tout cas, leurs "fardeaux budgétaires". Ils confirment: "la solution est d'abord politique".

Anti-austérité. Les syndicats appellent, ce mardi, à une journée de mobilisation contre le plan anti-déficit du gouvernement. Mais elle s'annonce peu suivie, même si près de 200 manifestations sont annoncées, partout en France. Le mot d'ordre "contre l'austérité" est lancé par 5 syndicats: CGT, CFDT, UNSA, FSU et Solidaires. Force ouvrière n'est pas dans le mouvement. Tout comme les cadres de la CFE-CGC. Les appels à la grève sont rares (la CFDT n'en a pas voulu). Quelques perturbations sont constatées à la SNCF, à la RATP. Mais aussi, à Radio France.Qui en veut? Dexia: le démantèlement a commencé, mais ça coince en France. La Caisse des dépôts ne veut pas se mettre en danger, financièrement, en reprenant le portefeuille de la banque en faillite, celui des prêts aux collectivités locales (et notamment les prêts dits "toxiques"). Les négociations se poursuivent.23 octobre. L'Europe reporte de quelques jours la convocation d'un nouveau Sommet consacré à la crise. Il est désormais programmé pour le 23 octobre. L'Allemagne veut, semble-t-il, obtenir un défaut de la Grèce: l'effacement de 50% de la dette d'Athènes. Dans les Echos ce matin, le Crédit Agricole répète que la recapitalisation des banques (annoncée par Nicolas Sarkozy et Angela Merkel) n'est pas la solution, ce serait un "faux remède".

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