L'invitation est tombée, hier en fin d'après-midi. Pierre Moscovici, le ministre de l'Economie, et Bernard Cazeneuve, celui du budget, convient les journalistes, à Bercy, (ce matin, à 11h30) pour une conférence de presse, organisée à la hâte, et consacrée, précise l'invitation, aux "perspectives de croissance et aux orientations" du budget pour 2014. 15 jours avant la date officielle de présentation, en Conseil des ministres, le gouvernement a décidé de faire retomber la pression, autour de ce budget. Chaque année, à cette période, c'est pourtant bien comme ça que ça se passe: les spéculations vont bon train sur la prévision de croissance retenue, sur les grands équilibres. Paralèllement -c'est autre "grand classique"- les "fuites" se multiplient dans la presse, sur les hausses et (parfois) les baisses d'impôts prévues. Elles sont plus ou moins démenties. Chaque année, donc, c'est la même chose. Mais là, il semble que la tournure des événements ait convaincu le gouvernement de parler plus tôt que prévu. Est-ce la une, hier, de Libération ("Hollande, le président des patrons")? Est-ce la mise en cause trop forte de l'engagement, présidentiel là encore, de la "pause fiscale"? En tout cas, les 2 ministres chargés du budget vont, ce matin, s'atteler à préciser le cadre général de la Loi de finances à venir. Et tenter de corriger l'impression général qui se dégage d'un texte... qu'on ne connaît pas encore. Dans les rangs socialistes, hier, on s'impatientait, aussi fortement que les chez les journalistes. "Impossible d'avoir des infos" regrettait l'un... "rien à vous donner", lâchait un autre. Un 3ème, député et membre de la Commission des Finances, s'en tenait à résumer ses attentes. "J'ai hâte de savoir (1) quelle sera la trajectoire des finances publiques retenues (2) comment seront répartis les efforts entre les entreprises et les ménages et (3) comment les efforts seront répartis entre ménages aisés et ménages modestes. Les Echos, ce matin, lui apporte un début de réponse: il y aura, finalement, 15 milliards d'économies nouvelles et 3 milliards d'impôts "nouveaux". Sans oublier, la hausse de la TVA et les "milliards Cahuzac" (évoqués, ici même hier), c'est-à-dire la compensation de 5 à 6 milliards d'impôts, non reconductibles en 2014. "Sans une mesure pour soutenir le pouvoir d'achat des plus modestes, il ne va pas être facile à vendre ce budget" lâche un autre élu PS. Pensant très fort aux Municipales de mars prochain.

Plombée dedans. La future Taxe sur les Transactions Financières jugée "illégale"! Et c'est un nouvel obstacle qui vient de se dresser devant ce projet, inspiré de la "taxe Tobin". 11 pays de l'Union européenne ont décidé de la mettre en place mais, hier, un rapport officiel a jugé que cette future taxe, censée entrée en application, l'année prochaine, est "illégale" au regard des Traités européens. Notamment parce qu'elle va impacter des pays de l'Union, qui refusent de la mettre en place. Cet avis juridique pourrait en décourager certains, et porter un coup fatal au projet. A Bercy, hier, on minimisait la nouvelle: le rapport ne porte que sur les modalités d'application, pas sur son principe de la taxe.Poussé dehors. L'apaisement en vue chez Vivendi. Depuis quelques jours Vincent Bolloré, premier actionnaire du groupe, s'oppose au président de son Conseil de surveillance, Jean-René Fourtou. Et le pousse vers la sortie. Un Accord entre les 2 hommes seraient en vue: Jean-René Fourtou, 74 ans, pourrait annoncer, aujourd'hui, qu'il accepte de quitter Vivendi, dès l'année prochaine. En échange, Vincent Bolloré retirerait sa candidature au poste de patron opérationnel.

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