Déjeuner, hier, avec le patron d'une grande banque française. Du poisson pour presque tout le monde. Pas de vin. Le gouvernement vient de reconnaître ce que tout le monde savait depuis des semaines: le déficit de la France dérape. Le banquier n'a pas eu le temps de prendre connaissance des chiffres exacts, on les lui donne: déficit à 4,4%, cette année. 4,3, l'année prochaine. Les 3% sont renvoyés... à 2017. Le patron n'est pas surpris, et se projette. Le problème, pense-t-il, ne devrait pas venir de l'Europe, même si Berlin, forcément, posera ses conditions. En revanche, lui qui anticipe une hausse des taux d'intérêts, dans la zone euro, peut-être dès le milieu de l'année prochaine, s'inquiète plutôt des marchés financiers. "Je ne sais pas, juge-t-il tout haut, si la France peut être attaquée", mais c'est clair que le gouvernement français, pour l'éviter, va devoir donner des gages, pour faire passer la pilule budgétaire. Autrement dit, si le gouvernement, hier, n'a annoncé aucune mesure pour corriger la trajectoire de ses finances publiques, s'il a eu raison de revenir à son objectif initial de réduction des dépenses... forcément, maintenant, il va devoir lancer un nouveau "signal" à l'étranger: à nos créanciers et à ceux qui pourraient venir investir en France. Ce grand banquier le reconnaît: il y a une part de marketting dans tout ça -"montrer qu'on réforme"- mais c'est très efficace à court-terme, du point de vue financier. Il dresse sa liste à lui des réformes structurelles qu'il faudrait immédiatement engager: un recul de l'âge légal de départ à la retraite à 65 ans. Comme Emmanuel Macron avant qu'il ne devienne ministre de l'Economie, ce grand patron réclame, également, la fin des 35 heures: "passer à 40h, payées 36 ou 37, pour baisser le coût du travail: une priorité". Enfin, au rayon des mesures qui pourraient servir de "marqueur international de la bonne volonté française", ce grand patron ajoute l'ouverture des magasins le dimanche. Sur ce point, au moins, le gouvernement devrait suivre ses recommandations.

Vacherie. Elle est balancée par le patron de l'horlogerie de LVMH, le n°1 mondial du luxe, à propos de la montre d'Apple, dévoilée mardi soir. Des propos rapportés par la presse allemande. Apple "fait des erreurs fondamentales. Cette montre n'a pas de sex-appeal. Elle est trop féminime, ressemble trop aux montres intelligentes, déjà sur le marché", explique Jean-Claude Biver qui s'occupe de marques prestigieuses comme Tag Heuer, Zenith ou Hublot. "Pour être honnête, ajoute-t-il, l'Apple Watch a l'air d'avoir été conçue par un étudiant en premier semestre".Gouvernement cherche millards. Le gouvernement à la recherche de 2 milliards d'euros d'économies supplémentaires, sur le budget de l'année prochaine. Ceux que Michel Sapin avait dit qu'il ne ferait pas, la semaine dernière, avant de faire volte-face, hier. Un bras-de-fer s'engage, parce que Bercy a bien l'intention de trouver ces 2 milliards, en grande partie sur le budget de la Sécurité Sociale. Au ministère de la Santé, on s'étonne, et on estime avoir fait "assez d'efforts comme ça".

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