C'est devenue une tradition, chez Publicis. Depuis quelques années, c'est via internet, et en vidéo, que Maurice Lévy, le patron, adresse ses voeux à ses collaborateurs et à ses clients. Cet exercice, très convenu, est en fait détourné: la séquence se veut drôle. C'est une sorte de petit sketch, un moment d'autodérision patronal même si, au final, on ne sait plus à quel degré il faut apprécier les qualités d'acteur de Maurice Lévy. Peu importe, parce qu'avec ses "voeux 2013", publiés hier, sur YouTube, c'est plutôt la prouesse technique de Publicis qu'il faut saluer: on assiste à un détournement total et comique du message. Difficile à raconter en radio, mais, par exemple, quand on cherche à augmenter le volume de la vidéo, Maurice Lévy se met à hurler. Si on coupe, le son, il sort des pancartes avec son texte écrit dessus. Si on fait "pause", le grand patron se balance sur sa chaise, joue avec son téléphone, boit un café. Alors, forcément, on passe plus de temps à jouer avec ces gadgets, et à rigoler, qu'à écouter son message. Je vous le résume: Publicis mise, comme d'autres, en 2013 sur les pays émergents et sur la publicité "numérique". Alors on sait pas si c'est fait exprès, ou si au contraire, la diffusion des voeux "internet" tombe mal, mais, hier, Maurice Lévy était aussi la vedette d'une autre publication, le traditionnel rapport sur la rémunération des grands patrons. Réalisé par Proxinvest, cabinet de conseils aux actionnaires. Et on y découvre que le patron de Publicis arrive en tête, avec presque 20 milions d'euros touchés l'année dernière. Il devance Carlos Ghosn, le patron de Renault-Nissan. Pour Maurice Lévy, c'est une "première" et elle s'explique par le versement, qui a tant fait polémique, de son bonus exceptionnel de 16 millions d'euros. Un bonus qui ne fait pas que "doper" son classement mais qui fausse aussi le regard qu'on peut porter sur le salaire des grands patrons. Si on compte ce bonus exceptionnel, mais aussi les indemnités de départs qui ont été versés à d'autres, on contaste une hausse de 4% des salaires des grands patrons. Malgré la crise. Mais, si on les retire du calcul, parce qu'ils sont excetionnels précisément, on note des salaires... en baisse! De 3,2% pour les patrons du CAC 40. Pour Proxinvest, ça ne change pas radicalement le constat: les salaires des dirigeants restent trop déconnectés des résultats des entreprises (leur titre à la bourse a perdu 17%, pas 3%!) et les rémunérations des grands patrons ne sont pas assez liés aux intérêts de long terme de l'entreprise.

Toujours plus. PSA Peugeot Citroën va supprimer pluss de postes que prévu. Les syndicats l'ont découvert hier. PSA souhaite supprimer environ 1500 postes supplémentaires d'ici à 2014. La direction confirme, mais précise qu'il ne s'agit pas d'un alourdissement du plan social mais de la décision, paralèlle, de ne pas remplacer, l'année prochaine, les départs naturels de l'entreprise. Les syndicats ne font pas la différence et dénoncent le double-jeu de PSA.

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