Xavier Niel, patron de Free
Xavier Niel, patron de Free © Maxppp / Christophe Morin

Un peu comme Xavier Niel, le patron de Free, Michel-Edouard Leclerc, autre défenseur autoproclamé du pouvoir d'achat des Français, a le don d'énerver le pouvoir en place. Ainsi hier, un député socialiste (Thomas Thévenoud) a dû monter au créneau, piqué au vif par les derniers propos tenus par le patron des magasins Leclerc.

A la télévision, Michel-Edouard Leclerc a tiré à boulets rouges sur le gouvernement, qui, par exemple, "n'a pas tenu sa promesse de baisser la TVA sur les produits de premières nécessités". "Il ne reste que les hausses", explique-t-il, et "je n'ai pas l'intention, en tant que distributeur, d'être considéré comme responsable".

Et encore: "il faut que le gouvernement assume ses responsablités", et de citer: la baisse des allocations, la fin des heures supplémentaires défiscalisées, les taxes sur la participation et l'intéressement. La phrase qui tue tombe: "ce n'est pas moi qui vais aux élections municipales, avec des hausses d'impôts". C'est, sans doute, celle-là qui a dû énerver.

Michel-Edouard Leclerc, PDG des magasins E. Leclerc
Michel-Edouard Leclerc, PDG des magasins E. Leclerc © Mxppp

Dans un communiqué, le député socialiste, hier, a donc répondu du tac au tac au patron des magasins Leclerc : d'abord, sur le plan de la communication : Michel-Edouard Leclerc promet de différer le plus longtemps la hausse de TVA prévue: le député rappelle que la majorité des produits qu'il vend -alimentaires- n'est pas concerné par les hausses prévues !

C'est donc une promesse gratuite. Un concurrent de Leclerc le confirmait, hier soir, mais notait que Leclerc ayant beaucoup d'hypermarchés, il est, malgré tout, l'un des plus impactés, comme Auchan, comme Carrefour, par la hausse de la TVA à venir sur le textile, les rayons bricolage. Ce qui explique, donc, que le patron enfourche à nouveau, plus fort que d'autres, son cheval de bataille de la lutte pour le pouvoir d'achat.

Plus fondamentalement, le député socialiste rappelle à Michel-Edouard Leclerc que la grande distribution est l'un des secteurs qui bénéficient le plus du CICE, le Crédit l'Impôt Compétitivité Emploi. 2 milliards, peut-être, au total d'allégements de charges pour l'ensemble du secteur. Aux emplois, pourtant, non-délocalisables. Et l'élu socialiste de retourner le coup de griffe: "on espère qu'avec cet argent, Leclerc va augmenter les salaires, embaucher et mieux rétribuer ses petits fournisseurs".

Rassurée. Le titre EADS a pris 7%, hier, à la bourse. Et signe, au final, la plus forte hausse du CAC40. En quelques heures, le recul des ces derniers jours a été totalement effacé. L'explication est simple, après avoir annoncé (lundi) 5 800 suppressions de postes, dont 1 700 en France), après avoir menacé (mardi) les salariés de licenciements secs s'il ne signent pas un Accord de compétititivité, EADS, hier, a confirmé, à la bourse, son objectif de rentabilité de 10%. La maison-mère d'Airbus a aussi promis que 30 à 40% des bénéfices futurs seront bien redistribués aux actionnaires. Les investisseurs, du coup, se sont rués sur le titre EADS.BBRD. Au départ, un tweet un peu abscon du Commissaire européen, Michel Barnier: "grand pas franchi ce soir: accord BBRD pour 28". La traduction, en fait, est très intéressante: un compromis vient d'être trouvé pour fixer de nouvelles règles en cas de faillite d'une banque, en Europe. Dès 2016, le contribuable ne sera plus le seul à payer, les actionnaires et les créditeurs de l'établissement bancaire seront, systématiquement, les premiers à mettre la main au portefeuille.

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