Retour sur la polémique créée, à Washington, par Pierre Gattaz, qui refuse toujours l'idée d'un engagement chiffré en terme d'emplois, dans la cadre du Pacte de responsabilité proposé par François Hollande.

passe d’armes à distance entre gattaz et ayrault sur le pacte de responsabilité
passe d’armes à distance entre gattaz et ayrault sur le pacte de responsabilité © reuters
**Arnaud Montebourg, depuis Washington, plaide "non coupable".** Depuis hier, c'est un peu lui qu'on soupçonne d'avoir agacé Pierre Gattaz, dans l'avion qui emmenait la délégation française accompagnant François Hollande aux Etats-Unis, poussant, finalement, le président du Medef à la faute. La déclaration de Pierre Gattaz -"il faut arrêter de gérer par la contrainte. Il n'y a pas de contreparties au Pacte de responsabilité. On n'est pas dans une cour d'école"- cette déclaration suscite la réprobation générale, à gauche. D'abord, sur la forme: "on ne critique pas la France depuis l'étranger. Qui plus est quand on est invité par le Président de la République". Sur le fond ensuite, comme François Hollande l'a fait lui-même pendant la conférence de presse qu'il a tenue avec Barack Obama: "dans un Pacte, chacun doit prendre des engagements" a dit le Chef de l'Etat. À Paris, Jean-Marc Ayrault tapait plus fort encore : "le dialogue social ne peut pas reposer sur des oukazes". Pierre Gattaz a manifestemement fait une "boulette". Il n'a pas dit, fondamentalement, quelque chose de nouveau (il refuse l'idée d'un engagement ferme, chiffré, du patronat, en terme d'emplois), mais il l'a dit sans précautions, sans nuance. Pourquoi ? Plusieurs explications, ou excuses, sont avancées : la fatigue, le décalage horaire, l'agacement de s'être vu interdit, par l'Elysée, de tenir une conférence de presse en bonne et due forme, l'absence aussi, à Washington, de son équipe habituelle qui "cadre" (et recadre) ses interventions. Et puis, il a cette autre explication: dans l'avion, qui emmenait tout le monde aux Etats-Unis, Pierre Gattaz aurait eu une discussion "animée, chaude, virile" (selon les adjectifs lus, ici ou là) avec Arnaud Montebourg. Une bonne heure d'explications entre les hommes, assis côte-à-côte. Piqué au vif, Pierre Gattaz serait sorti de l'avion très énervé. Par SMS, le ministre de redressement productif conteste totalement cette version des faits. Il y a bien eu discussion mais ce fut "posé, cordial et constructif" écrit Arnaud Montebourg. "J'ai rappelé la position du PR (le Président de la République). "Nos points de vue (avec Pierre Gattaz) sont compatibles" ajoute même le ministre. A Paris, un député socialiste décrypte toute cette histoire. Un "simple de jeu de rôles" puisque, selon lui, l'accord est déjà trouvé, entre le Medef et la CFDT, sur cette question des contreparties. Elles seront limitées. Limitées à quelques branches professionnelles qui s'engageront sur des objectifs d'embauches, fermes ou en apprentissage. Un deal "acceptable et chiffrable". Qui contentera tout le monde. **Retour gagnant.** On commence avec le retour gagnant du Portugal sur les marchés. Lisbonne a réussi à lever 3 milliards d'euros, hier, pour financer sa dette... un emprunt à 10 ans, qui avait valeur de test pour le pays: c'est l'une des conditions posées pour "sortir" du programme d'assistance international dont bénéficie le Portugal depuis 2011. Hier, la demande pour la dette portugaise a été 3 fois supérieure à l'offre, plus de 80% des demandeurs étaient étrangers, le taux, finalement, retenu est tout proche de 5%. A ce stade, cette détente sur les dettes des pays dits "périphériques" de la zone euro, ne se fait pas au détriment des autres. De la France notamment, qui s'endette toujours à bon compte.**En forte hausse.** Les résultats 2013 de la Société Générale. Publiés, ce matin. La banque multiplie par 3 ses bénéfices annuels, à près 2 milliards 200 millions d'euros.
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