On peut lire le paragraphe, avec le ton qu'on veut: les dents serrées (fâché), totalement ironique, ou, pourquoi pas, finalement, au tout premier degré. "Nous saluons les travaux de la Cour sur la situation d'ensemble des finances publiques. Leur clareté et leur pédagogie fournissent des éclairages importants". C'est ainsi que le ministre des Finances (Michel Sapin) et le secrétaire d'Etat au budget (Christian Eckert) commencent leur réponse aux sages de la Cour des Comptes. Elle est, comme il se doit, accolée, au chapitre qui les met en cause, dans le Rapport annuel, rendu public hier. Et, comme il se doit, là encore, Bercy rend coup pour coup. Mais sur un ton qui reste, donc, très courtois. Sur la croissance, par exemple, les ministres rappellent que la Cour, cet automne, avait jugé "optmiste", leur prévision de 1%, pour cette année. Ils notent, donc, avec satisfaction que la Cour, cette fois-ci, la juge "atteignable". On traduit en langage courant: "tiens, prends ça dans ta face: j'avais raison!". La suite reste sur le même mode, poli mais ferme. Sur le fond, de toute façon, on reste dans un schéma connu: la Cour des Comptes, comme chaque année, estime que le gouvernement n'arrivera pas à tenir ses engagements, en matière de déficit, Bercy consteste, jure de sa bonne foi, affiche son bilan et promet la poursuite de la rigueur. Cette année, il y a une différence, cela dit, ce n'est plus, comme on vient de le voir, sur la prévision de croissance que la Cour des Comptes et le Bercy se chamaillent, mais sur l'inflation. Elle est très faible, ça tout le monde le sait mais elle est plus faible encore que prévue. Le budget 2015, tel que le Parlement l'a voté, est bâti sur une inflation de 0,9%. Or, on anticipe plutôt 0,5% désormais. Et moins encore. La conséquence, rappelle la Cour, c'est qu'une inflation plus basse que prévue, réduit les recettes fiscales (de TVA, notamment), et efface, mécaniquement, une partie des économies prévues (au moins 2 milliards, selon les calculs de la Cour. 2 milliards sur les 21 annoncés). Dans leur réponse, les ministres ne valident pas ces estimations, mais reconnaissent qu'il faut étudier "l'impact exact" de cette situation nouvelle. Je traduis, là encore en langage courant: Bercy pourrait, à nouveau, "serrer le kiki" des ministères.

Embauches. Pour les cadres, les embauches sont clairement reparties à la hausse. Une hausse de 4%, l'année dernière. Et pour cette année 2015, l'APEC, l'Association Pour l'Emploi des Cadres, reste tout aussi optimiste. Elle anticipe 174 000 recrutements. Pour vous faire une idée, les meilleures années, on est autour de 200 000. Les embauches de cadres vont se faire beaucoup dans l'informatique, le conseil, la banque et l'assurance.

L'équipe
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.