A 9 heures, tout à l'heure (dans un peu plus d'une heure, donc), la Bourse de Paris, Euronext, va "sonner la cloche", pour ouvrir la séance, sonner la cloche pour Charlie hebdo, et pour la liberté de la presse. A la bourse, c'est un honneur, un geste symbolique, réservé aux introductions en bourse, mais pas seulement. C'est, souvent, aussi pour le secteur financier, le moyen d'honorer une grande cause. Un moment pour commémorer, parfois. Ce matin, ce sera donc le cas pour les victimes des attentats de la semaine dernière. C'est sincère, désintéressé, mais évidemment ça surprend. Ca fait partie de ces hommages, de ces initiatives suprenantes, qu'on peut juger totalement à contresens. A New York, sur Times Square, le Nasdaq sur son écran géant affichait un immense "je suis Charlie"! Bernard Maris, l'auteur-interprête de la "messe du CAC", qu'on a réécoutée avec délectation, vendredi matin, doit bien se marrer. En fait, la bourse, en fin de semaine dernière -je parle maintenant des indices boursiers- s'est montrée plutôt "insensible" aux événements. Mercredi, jour du carnage à Charlie hebdo, elle a finit en hausse. Jeudi, le CAC 40 a signé l'une de ses plus belles séances, avant de fléchir vendredi. Ca a surpris, parce que d'habitude les attentats font chuter les indices. Ce fut le cas à Madrid, en 2004, à Londres, en 2005. A Wall Street, très fortement le 11 septembre 2001, Wall Street, il est vrai alors, directement touché. Première explication avancée par un expert: mercredi et jeudi derniers, les nouvelles macro-économiques ont été plus fortes que l'attentat, jugé alors ciblé. La Bourse, obnibulée par ce que prépare la Banque Centrale Européenne pour empêcher la "bascule" de la zone euro en déflation, s'est concentrée sur les seuls indicateurs économiques. Pour certains, que la bourse ne scille pas, c'est d'ailleurs une bonne nouvelle, la preuve que la "peur ne s'installe pas". C'est un peu court; pour d'autres: la répétition des attentats inquiète, et vendredi, les prises d'otages ont commencé à la faire vaciller. Mais surtout, la bourse -et parce qu'elle absorbe tout- la bourse a intégré le risque terroriste. Un gestionnaire de portefuille explique qu'aujourd'hui, il est guidé -eh oui!- par l'ordinateur, qui modélise tous les risques possibles, et donne la conduite à tenir, par exemple en cas d'attentat d'ampleur: sortir du secteur des transports, puis du tourisme, puis de la consommation, les grands magasins. Analyse froide. En fait, mécanique... quasi-automatique. Les vagues précédentes d'attentats ont été analysées, le "marché" et ses ordinateurs en ont tiré les leçons... financières. Et l'immense marche d'hier? La réaction magnifique de tout un peuple? "Ah là, c'est vrai, on a dû mal à intégrer les éléments positifs", reconnaît un expert.

Macron, le retour. L'examen de la Loi Macron commence, aujorud'hui, à l'Assemblée La Commission spéciale, chargée d'examiner le texte à l'Assemblée nationale, commence ses travaux, cet après-midi. Cette Loi Macron compte 106 articles, au total, et déjà, plus de 1600 amendements ont été déposés, visant particulièrement les 12 dimanches, le marché des autocars, la réforme des prud'hommes. Une réunion à l'Elysée est prévue, aujourd'hui, autour du Président de la République, avec le ministre et les rapporteurs du texte, pour finaliser les derniers arbitrages.

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