Nombre d'économistes en sont convaincus, désormais : la croissance... nette, forte, créatrice d'emplois... ne reviendra rapidemment en Europe que d'une seule façon, en nettoyant (enfin et sérieusement) le système bancaire du continent, pour redonner confiance. Les Américains l'ont fait (et il y avait du boulot... cette crise des subprime, elle est quand même partie de chez eux, et de leurs banques !), les Européens, eux, n'ont fait jusqu'ici que du bricolage (pour être sévère). Et comme d'habitude, chacun dans leur coin. Le FMI (qui tout au long de cette crise joue le rôle de "l'oiseau de mauvaise augure", en annonçant et en promettant toujours le pire) dresse un bilan terrible : le Fonds Monétaire International évalue les besoins des banques européennes aujourd'hui pour surmonter cette crise à 600 milliards, d'ici la fin 2010. 600 milliards de dollars pour éponger les dettes, d'une part, et se recapitaliser, de l'autre, pour pouvoir correctement financer l'activité économique, les entreprises et les ménages. Il existe, donc, une méthode pour savoir où mettre cet argent, ce sont les fameux "stress stest", ces "tests de résistance". Pour résumer : on simule un scénario économique catastrophe (faillites d'entreprises, défaillance des ménages en cascade), on évalue les pertes potentielles des banques et on estime, finalement, leurs besoins en financement pour résister à une telle situation hypothétique mais crédible. Les Américains l'ont fait. Les Européens devraient y venir. C'est l'un des points en discussion, ce week-end, à l'occasion d'un G8 finances, organisé en Italie. Mais, c'est toujours comme ça en Europe, personne n'est vraiment d'accord sur les modalités techniques de ces futurs "tests": ils ne seront efficaces, pourtant, que s'ils sont rapidemment mis en place, coordonnés, similaires... et si leurs résultats sont rendus publics, banque par banque, comme aux Etats-Unis. Là, le sujet devient extrêmement sensible : les Allemands ne veulent pas en entendre parler. Leurs banques c'est vrai, sont les plus fragilisées. Mais le Royaume-Uni, l'Espagne, ne sont pas non plus emballés. La France, qui se dit "sûre", elle, de ses banques, est prête à aller juqu'au bout. A ce rythme, dans les discussions, la confiance dans le système bancaire européen n'est pas encore revenue. "Il n'y aura pas d'augmentation d'impôts en France". Christine Lagarde renouvelle la promesse, ce matin. Dans un entretien accordé aux "Echos", la ministre de l'Economie se veut rassurante. La partie du déficit liée à la crise disparaîtra mécaniquement avec le retour de la croissance, et pour l'autre partie (le déficit structurel), la solution, c'est la réforme de l'Etat, affirme Christine Lagarde. Pour la Sécurité sociale, comme pour l'Etat, les impôts nouveaux qui pourraient être créés dans les prochains mois seront tous compensés par des baisses d'impôts... ailleurs. Pas de relance. Christine Lagarde exclut, également ce matin, toute nouvelle mesure de relance de l'activité. Réponse, par avance, aux syndicats qui organisent, demain, une nouvelle journée de mobilisation : la 5ème depuis janvier. Bernard Thibault de la CGT s'attend à "moins de monde". Microsoft et la vente couplée. Après -déjà !- plus d'1,6 milliards d'euros d'amende, Microsoft donne des gages à l'Union européenne. Le géant américain du logiciel a promis, hier, de ne pas commercialiser son futur système d'exploitation avec son navigateur Internet, Explorer. Pour l'Europe, cette vente couplée tue la concurrence, d'où les amendes répétées. Hier soir, la Commission de Bruxelles ne s'est pas montrée très emballée par l'annonce de Microsoft. Elle pourrait même le sanctionner à nouveau.

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