Il y a quelques jours, à Bercy, un conseiller ministériel en convenait: "C'est vrai, ça ne frémit pas. Il n'y a pas de décrochage, mais il n'y a pas d'accélération, non plus". "Pas de choc de confiance"! On pourrait dire, également, "pas de retournement", comme François Hollande l'annonçait, pourtant il y a quelques semaines. A l'Elysée, au gouvernement, on a les yeux rivés aux indicateurs économiques. A la recherche du moindre frémissement de la conjoncture. Qui ne vient pas. Et hier, c'est le haut Conseil des Finances Publiques qui s'est chargé de lancer la première alerte. Dans son avis (désormais obligatoire pour chaque texte budgétaire soumis au Parlement. Et là, 2 arrivent à l'examen, budget rectificatif de l'Etat, et budget rectificatif de la Sécurité Sociale), le Haut-Conseil prévient: la prévision de croissance pour cette année "sans être hors d'atteinte, paraît désormais élevée"'. 1% de croissance en 2014, c'est ce qu'espère atteindre le gouvernement. Michel Sapin, le ministre des Finances, l'a répété, hier. Il y a quelques semaines, le Haut-Conseil jugeait "réaliste" cette estimation mais, désormais, il doute. Comme il l'explique, dans le jargon des conjoncturistes, "les aléas baissiers se sont accrus", depuis le mois d'avril. Pour atteindre 1%, écrit le Haut-Conseil, c'est maintenant que ça se joue, au 2ème trimestre, or -on y revient- "aucune accélération de l'activité n'apparaît dans les indicateurs conjoncturels", récemment publiés. Bien-sûr, les mesures de la Banque Centrale européenne, annoncées la semaine dernière, vont dans le bon sens, mais la conjoncture mondiale reste "plus lente" qu'escompté: le 1er trimestre a été décevant, aux Etats-Unis et dans la zone euro. Le haut-Conseil pointe, également, pour s'en inquièter, l'effet pervers de cette course à la compétitivité engagée en Europe: la conccurence s'est accrue avec nos voisins, qui ont réalisé d'importants gains de productivité, et qui, en conséquence, relativisent, amoindrissent, les nôtres. Si la France n'atteint, donc, pas 1% de croissance, fin 2014, c'est le déficit qui s'approfondira, conclut le Haut-Conseil. Un économiste résumait la situation, pas plus tard qu'hier: "l'alternative aujourd'hui se résume ainsi: soit le gouvernement réoriente le Pacte de responsabilité, comme le réclame une partie de la majorité, en faveur des ménages, pour doper la consommation, et donc la croissance. Soit il renégocie -ou s'exonère!- de ses engagements européens.

Au choix. La nouvelle "écotaxe Poids-lourds" bientôt sur les rails! Elle a été suspendue en octobre dernier, à la suite du mouvement des "bonnets rouges". Depuis, les parlementaires et le gouvernement travaillent à une nouvelle formule. "La décision est imminente" affirme Les Echos, ce matin. 2 scénarios sont sur la table de Manuel Valls, qui doit trancher. Les 2 épargnent les "petits trajets". Le premier propose l'instauration d'une franchise kilométrique, variant selon le poids et la pollution émise par le camion. L'autre solution consisterait à réduire radicalement le réseau routier, concerné par l'écotaxe. On passerait de 15 mille à 4 mille kilomètres seulement. Avantage, la Bretagne serait très largement sortie du système

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