François Baroin le répète sur tous les tons depuis plusieurs semaines: sa réforme fiscale... la réforme de l'ISF est une réforme qui ne coûtera pas un sou à l'Etat! Elle est "autofinancée", jure-t-il: les plus riches paieront pour les moins riches et les "petits riches" (comme il dit) alors que la Gauche (et quelques économistes) affirment exactement le contraire. Hier, en Conseil des ministres, François Baroin a enfoncé le clou: ses services ont calculé qu'en rythme de croisière (c'est-à-dire quand le bouclier fiscal aura totalement disparu: ça va prendre 3 ans), la réforme sera même excédentaire: presque 200 millions de gain (selon le ministre), à partir de 2014: "il n'y a aucun cadeau, à personne", conclut-il. Ce débat sur l'équilibre de la réforme ne fait que commencer (on en a déjà parlé ici, et on en reparlera, à coup sûr), mais depuis hier, certains pointent un aspect... (disons) surprenant du montage imaginé par François Baroin pour boucler sa réforme. Le ministre va, en effet, faire appel aux fraudeurs pour trouver les millions qui vont lui manquer. Il peut dire, d'ailleurs, "merci" à son prédécesseur puisque c'est un peu grâce à lui que c'est rendu possible. Dès cette année (pour compenser la "sortie" de l'ISF de 300 mille foyers) 300 millions d'euros viendront de la cellule de régularisation fiscale, mise en place à Bercy par Eric Woerth. C'est à la porte de cette cellule que tous ceux qui avaient planqué de l'argent à l'étranger ont pu, ces derniers mois, venir faire repentance. En échange d'une déclaration des fonds cachés -voire de leur rapatriement- ils ont obtenu l'absolution du fisc (avec un taux d'imposition, au final d'ailleurs, pas forcément punitif). Mais la méthode se poursuivra, au delà de 2011. En 2012.. en 2013... 2014, c'est l'exploitation de la fameuse liste de 3 mille noms du fichier HSBC qui viendra au secours du financement de la réforme. Bercy explique: 100 contrôles ont déjà été effectués à partir de cette liste. Ils ont rapporté 75 millions d'euros. Le potentiel global du fichier est donc énorme... mais, -on l'a compris- c'est bien les fraudeurs qui financeront une partie de la réduction d'impôts des plus riches. François Baroin, cela dit, n'est pas désavoué: (dans le cas HSBC) ça reste souvent les mêmes. 2 taxes à la une. La "taxe poisson", d'abord. L'Elysée a annoncé sa supression, hier soir. Il s'agit d'un prélèvement de 2% sur la vente des produits de la mer. Cette "taxe poisson" avait été instaurée, fin 2007, pour compenser la hausse du prix des carburants, qui pesait sur les comptes des marins-pêcheurs. Elle rapporte entre 100 et 120 millions d'euros. Aujourd'hui, sa suppression doit relancer les ventes, selon l'Elysée, en faisant baisser les prix. L'autre taxe reste à créer: c'est celle -surprise-, confirmée, hier, à l'issue du Conseil des ministres, sur les très haut revenus, et les "superbonus". Le gouvernement viserait les contribuables qui gagnent plus de 2 millions par an. 2,1%. L'inflation en avril: l'INSEE vient de rendre public son estimation: +0,3%. Sur 1 an, la hausse des prix est de 2,1% .

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