Mercredi, l'écotaxe. Vendredi, les autoroutes. C'est une semaine particulière qui commence pour le secteur des Transports. Délicate même parce ce qu'il s'agit de 2 dossiers très sensibles. L'écotaxe, pas besoin de rappeler l'agitation des "bonnets rouges". Les autoroutes (c'est plus ancien) parce que ça renvoit aux conditions dans lesquelles elles ont été privatisées, il y a plus de 10 ans. Prenons dans l'ordre. Mercredi, la Mission d'information sur l'avenir de l'écotaxe, à l'Assemblée nationale, rendra son rapport. Il est très attendu. Dès l'origine, parce qu'il doit trouver les moyens de sortir de la crise née à la fin de l'année dernière: maintenir la taxe, tout en la remodelant. Depuis l'arrivée de Ségolène Royal à la tête du ministère de l'Ecologie, la tâche s'est compliquée puisque la ministre a, d'entrée, pris le contrepied des travaux en cours, semblant souhaiter la mort de l'écotaxe. Manuel Valls, ici même sur France Inter, a donné l'impression de "recadrer" sa ministre ("on attend les conclusions de la Mission", a dit le chef du gouvernement), mais Ségolène Royal poursuit son chemin, à la recherche de solutions alternatives pour compenser le manque à gagner d'une disparition complète de l'écotaxe. Vendredi, elle a, ainsi, reçu à déjeuner, dans son ministère, les repésentants des sociétés d'autoroutes. Elle imagine les mettre à contribution mais, étonnamment, ils ne sont pas ressortis fâchés. Il n'y a pas de tour de magie, mais, plus prosaïquement, le début d'une négociation. Au sein de la Mission parlementaire, mais aussi au sein du gouvernement (Michel Sapin, auditionné la semaine dernière, sur ce dossier, a été très clair), on s'inquiète déjà: attention, à ne pas trop donner aux autoroutes, en acceptant, par exemple, de prolonger la durée de leurs concessions. D'autant qu'un tel "deal" viendrait immanquablement impacter une négociation en cours avec la Commisison européenne. C'est l'autre rendez-vous de la semaine: vendredi à Bruxelles, Frédéric Cuvillier, secrétaire d'Etat aux Transports, doit rencontrer le Commissaire à la concurrence. Etape essentielle pour valider le Plan de relance des autoroutes, lancé il y a 2 ans. 3,5 milliards de travaux, sur une vingtaine de sites. Des prolongements d'autoroutes, des contournements de villes, à Grenoble, Clermont-Ferrand, Poitiers, Metz, Narbonne. 15 000 emplois à clé, avec l'engagement de faire appel à des PME. Un "vrai plan de relance régional", négocié, avec les sociétés autoroutières, en échange -déjà!- d'un allongerment de leur concession! "Le dernier" jurait-on jusqu'ici à Paris, jusqu'à l'arrivée de Ségolène Royal. Ce qui convient très bien à Bruxelles.

19, cette année. Les économies à réaliser, dès cette année, se précisent. De 2015 à 2017, ce sont 50 milliards d'économies que le gouvernement a programmés (je ne vous apprend rien), mais les efforts commencent dès cette année: aux 15 milliards déjà votés, le gouvernement s'apprête à en rajouter 4. Le but c'est le limiter le dérapage du déficit. Selon les Echos ce matin, ce "tour de vis supplémentaire" va toucher l'ensemble des ministères, y compris celui de la Défense (en tout cas à ce stade). Il s'agira, la plupart du temps, d'annulation de crédits.Allo? Dans le Figaro, ce sont les syndicats de Bouygues Telecom qui s'inquiètent d'une possible vague de suppressions de postes, chez l'opérateur. Entre 1 500 et 2 000. Un quart des effectifs actuels. Après avoir échoué à s'emparer de SFR, Bouygues se retrouve isolé. Et cherche à réduire ses coûts de fonctionnement.

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