Le cas n'était pas à son ordre du jour, mais la Commission de déontologie de la fonction publique a bel et bien évoqué, hier, le cas de François Pérol, l'ancien conseiller de Nicolas Sarkozy devenu récemment (et avec le pataquès que l'on sait) le patron des Caisses d'épargne et des Banques populaires. Avant cet épisode, franchement, on ne savait pas qu'une telle Commission existait. Elle mérite, pour le coup, qu'on s'intéresse à elle. Notamment, parce qu'elle ne mâche pas ses mots ! Dans un communiqué, rendu public hier en fin de journée, la Commission de déontologie affirme, tout haut, regretter de ne pas avoir été saisie du "cas Pérol". Elle rappelle qu'elle est la seule à pouvoir dire si le passage d'un haut fonctionnaire dans le secteur privé est conforme à la loi, c'est-à-dire sans conflit d'intérêt. Alors, la Commission ne se prononce pas sur le fond de l'affaire. Elle rappelle, aussi, qu'elle ne peut pas s'autosaisir. En revanche, elle signale clairement le manquement à cette obligation de consultation. Manquement de l'agent public lui-même (François Pérol) et manquement de son administration (l'Inspection des finances). Dans ce communiqué, les membres de la Commission affirment également que le motif de "l'intérêt général", avancé par l'Elysée pour justifier cette nomination de François Pérol à la tête de 2 banques, ne peut, en aucun cas, servir de "dispense" de saisie de la Commission. Dit autrement : "Désolé, la crise et l'urgence d'action qu'elle impose ne permettent pas tout !" C'est l'avis également de la CGT du groupe Caisse d'Epargne, qui a annoncé, hier soir, son intention de porter cette affaire en justice. La CGT interpelle les autres organisations syndicales pour qu'elles se joignent au dépôt d'une plainte pour (probablement) "prise illégale d'intérêt". C'est passible de 2 ans de prison et 30 000 euros d'amende. Mais, les autres syndicats semblent quelque peu tergiverser. L'urgence (disent-ils), ça reste l'emploi alors que la fusion des 2 banques va se faire en vitesse accélérée. Agiter la menace d'une plainte, du coup est, peut-être, pour eux plus un moyen d'obtenir certaines garanties qu'une question de principe. La Commission, là aussi, appréciera. La crise frappe aussi les "hyper-riches" ! Chaque année, à cette période, le magazine américain "Forbes" publie son classement mondial des milliardaires. Celui de cette année montre qu'ils ont perdu, dans la crise, près de la moitié de leur fortune. Alors, c'est une perte largement "virtuelle" puisqu'elle est liée aux cours de bourse (qui remonteront bien un jour), mais quand même. Ce sont les riches Russes, Indiens et Turcs qui sont les plus "touchés". Dans le trio de tête, c'est Bill Gates, le fondateur de Microsoft, qui reprend la première place. Warren Buffet est n°2. Le mexicain Carlos Slim est 3ème. Le premier français est à la 15ème place, c'est Bernard Arnault. Liliane Bettencourt, héritière de la fortune l'Oréal, n'est plus la femme la plus riche du monde, mais seulement la femme la plus riche d'Europe. Continental dégraisse. La fermeture de l'usine Continental de Clairoix, annoncée hier, va laisser 1 120 salariés sur le carreau. Sans compter les emplois indirects chez les sous-traitants notamment. Toujours plus. L'Unedic prévoit, désormais, une hausse du chômage, cette année en France, autour de 400 000 personnes. 450 000 chômeurs de plus même, dans la pire des hypothèses.

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