Les sociétés du CAC 40 vont distribuer plus de 35 milliards d'euros de dividendes, cette année, à leurs actionnaires. On a découvert cette estimation, cette semaine, à l'occasion de la fin de saison des résultats financiers des grandes entreprises. 35 milliards, grosso-modo, ça veut dire que malgré la baisse globale de leur chiffre d'affaires, malgré la baisse globale de leurs profits, les grandes boîtes du CAC 40 ont décidé de maintenir -voir d'augmenter!- la rémunération de leurs actionnaires. Ca peut s'expliquer: en période de crise, les entreprises ont tout intérêt à choyer leurs investisseurs. Mais alors que, partout, les grèves pour les salaires se multiplient (Danone, Ikéa, Thales, la Snecma et beaucoup d'autres...), revient, du coup, de façon criante, la question du partage des profits! Du partage de la valeur ajoutée. Ca tombe bien: Nicolas Sarkozy vient de lancer un ultimatum aux partenaires sociaux pour qu'ils négocient sur cette question. Ils ont 3 mois pour aboutir, faute de quoi le gouvernement légifèrera! Problème: un ultimatum du même genre avait été lancé il y a un an exactement, dans des termes quasi-identiques (c'était déjà au cours d'un "Sommet social"), et il n'avait servi à rien: la négociation n'avait jamais commencé. Rebelote, donc cette année: ("négociez ou je prends les choses en main..."), mais, le moins que l'on puisse dire, c'est que les choses démarrent tout aussi mal. Le Médef vient, cette semaine de refuser d'ouvrir une telle négociation! L'organisation patronale l'a dit aux syndicats. En fait, et évidemment, le Medef ne l'a pas dit comme ça. Il a accepté de parler de cette question du partage des profits mais a décidé de l'intégrer dans une négociation plus vaste (qui doit commencer début avril): celle des Institutions Représentatives du Personnel (un sujet lourd, compliqué). Ca a une certaine logique: tout est lié. Sauf que la manoeuvre est évidente: ça permet de "noyer le poisson". Et pour filer la métaphore sous-marine jusqu'au bout, ça tranforme 2 négociations forcément complexes en une seule "négociation pieuvre" (expression piquée à la CFTC, très fâchée dans ce dossier)... un dossier qui a toutes les chances de ne pas aboutir. En tout cas, sur cette partie "partage des profits". Remarquez, ça permettra une chose: découvrir si enfin le gouvernementest prêt à légiférer sur cette question... ou s'il va la renvoyer à un prochain ultimatum. Washington s'inquiète des projets européens de régulation financière. Cette semaine, on a entendu les dirigeants européens accuser les Etats-Unis de protectionnisme, dans l'affaire de l'appel d'offre des avions ravitailleurs, les Américains retournent la critique contre l'Europe. Le secrétaire au Trésor américain vient d'écrire à l'Union européenne, pour s'inquièter d'un projet de directive visant à mieux encadrer l'activité des Fonds spéculatifs (une des leçons de la crise). "Certaines propositions seraient discriminatoires" vis-à-vis des socitétés américaines, écrit Tim Geithner. Bruxelles se défend de toute intention protectionniste. Bruxelles qui a aussi reçu, hier, la demande officielle de la Grèce, l'Allemagne, le Luxembourg et la France pour une ouvrir une enquête sur le rôle des spéculateurs dans la crise actuelle de l'euro. Dans le Fig Mag... Nicolas Sarkozy, dans le Figaro magazine. Le Président de la République parle d'une "pause" dans les réformes mais ce sera pour le 2ème semestre 2011. D'ici là, la réforme des retraites se fera, dit-il, pour les salariés du privé et du public. Le Chef de l'Etat, par ailleurs, renvoie la mi-avril les décisions sur la filière nucléaire française mais ne dément pas les rumeurs d'une éviction d'Anne Lauvergeon de la tête d'Areva.

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