Il a choisi "Le Monde", et pas "Le Figaro", le journal de son principal actionnaire. Son service de presse l'assure: "c'est le quotidien du soir qui l'a sollicité. Serge Dassault n'est pas intervenu". Prévenu, il a dû l'être, tout de même. Et on l'imagine, également, plutôt ravi de cette prise de parole du patron de l'une de ses filiales. L'interview, dans le Monde daté d'aujourd'hui, détonne. Bernard Charlès est le Directeur général de Dassault Systèmes, n°2 européen du logiciel (pas seulement pour l'aéronautique, c'est un grand spécialiste de la 3D). C'est une "pépite" française, une vraie réussite mais son patron, reconnu, apprécié, le dit, dans cet entretien: il envisage personnellement de quitter fiscalement la France pour des raisons fiscales. Il est sans doute, l'un des tous premiers patrons de ce calibre à l'avouer si ouvertement. Il va même plus loin: il reconnaît que plusieurs des haut-cadres dirigeants de son entreprise ont déjà franchi le pas. Lui hésite encore. "En tant que chef d'entreprise, lui demande le Monde, n'avez-vous pas la responsabilité de rester?". Réponse de Bernard Charlès: "je viens d'un milieu modeste. J'ai bénéficié du système éducatif français mais j'ai aussi beaucoup enrichi le pays et mes actionnaires, créé un leader mondial. Ce qui m'importe aujourd'hui c'est l'avenir de mon entreprise", et celui, dit-il encore, de la filière numérique que la fiscalité française met en danger". Bernard Charlès affirme que ce n'est pas la taxe à 75% sur les très hauts revenus (dont on attend toujours la nouvelle mouture) qui motive son envie de quitter la France mais toute "la fiscalité sur le capital, les stock-options et les actions gratuites". On ne fait, donc pas, là, face à un nouveau "Bernard Arnault rêvant de Belgique", mais plutôt à un "pigeon", nom que se sont donné, à l'automne dernier, des entrepreneurs contestant les choix fiscaux du gouvernement. Bernard Charlès reprend à son compte leurs arguments: pour développer certains types d'entreprises, il faut absolument pouvoir distribuer une partie de son capital à ses hauts-dirigeants (des stock options, des actions gratuites), "une part de rêve" dit-il. Dans un secteur mondialisé comme le numérique, c'est le seul moyen d'attirer les talents, mais la fiscalité française, alourdie par la Droite comme par la Gauche, ces dernières années (là c'est moi qui le dit) finit par l'interdire. Berrnard Charlès prévient donc: "si je ne peux plus distribuer des parts de capital de mon entreprise, je partirai".

Premières pistes. Le journal "Les Echos" révèle, ce matin, le contenu d'un premier rapport de la "Commission Fragonard" chargée de faire des propositions d'ici la fin de ce mois, au gouvernement. Première indication: ce sont, précisément, 2 milliards 200 millions d'euros qu'il va fallloir trouver pour rétablir l'équilibre financier de la branche "famille" de la Sécurité Sociale. Ce pré-rapport ne préconise pas encore la mise sous condition de ressources des aides familiales, mais selon "Les Echos", il s'en approche sérieusement. L'idée de diviser par 2 les allocations, au-delà d'un certain niveau de salaire est étudiée. Comme une réduction du plafond du quotient familial. Rien n'est encore décidé, à ce stade.Plus ou moins. Le bonus-malus énergie, adopté définitivement au Parlement, cette nuit. A partir de 2016, un foyer qui aura une consommation d'électricité (par exemple) jugée excessive verra sa facture alourdie.

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