Ce n'était pas les Champs-Elysées, hier, sur les marchés financiers. 11 novembre, la journée a été calme. "Marché peu animé", disent les spécialistes. Dans ce contexte, les taux d'intérêt sur la dette française ont reculé. 3 jours après la nouvelle dégradation de la France par Standard & Poors. Sur les titres de dette française à 10 ans (qui servent de référence), les taux sont redescendus, hier, de 2,22%. Soit un niveau tout à fait satisfaisant... un bon niveau pour s'endetter, pourrait-on dire. Encore mieux: le fameux "spread", avec l'Allemagne -l'écart avec notre grand voisin, toujours triple A, lui- n'a pas bougé, ce qui est un autre que signe que les marchés, finalement, n'ont pas mal pris la "sanction". C'est d'autant plus rassurant que ce week-end, le gouvernement français a annoncé qu'il allait émettre encore 4 milliards et demi d'euros de dette supplémentaire sur les marchés, d'ici la fin de l'année, pour solder l'affaire du Crédit Lyonnais. Bref, la France dégradée, la France endettée, la France critiquée mais France, toujours une bonne affaire! "Dans ta face Standard & Poor's" pourrait, à nouveau tweeter Matignon, comme ça été été fait par erreur, ce week-end, après la prise de position de Paul Krugman, sur son blog, une note venant au secours de la France. Pour le Prix Nobel d'économie, qui a signé, en fait, 3 notes au total sur la France, depuis vendredi, cette "dégradation "n'a pas vraiment de sens". "Standard & Poor's, a-t-il écrit, ne dispose d'aucune information particulière sur la solvabilité des Etats, et surtout pas de grands pays comme la France". L'économiste américain compare les résultats et les précisions françaises avec celles du Royaume-uni et conclut que la France, moins endettée, présente de meilleures pespectives. Sa conclusion: Standard & Poor's dégrade, donc, la France parce qu'elle a fait le choix d'augmenter les impôts (la fiscalité des plus riches, souligne-t-il) et refuse de démanteler son Etat-providence. "Il s'agit bien plus d'idéologie que d'une analyse économique solide", écrit Paul Krugman. Sur les marchés (où on ne fait d'idéologie, c'est bien connu) 2 éléments pèsent, en tout cas, pour expliquer que les taux français restent sages, depuis vendredi. Il y a d'abord, la décision de la BCE de baisser son taux directeur, décision qui a rassuré les investisseurs. Elle est tombée jeudi, dans un "timing heureux" pour Paris. Il y a ensuite le fait que Standard & Poor's a passé la perspective de la note française de "négative" à "stable". Ce qui garantit, normalement, aucune nouvelle dégradation dans les prochains mois.

Vol retardé. Air France-KLM devrait refuser de renflouer Alitalia. La compagnie italienne a un besoin urgent d'argent frais. Pour en obtenir, elle va procéder à une augmentation de capital (de 300 millions d'euros). Ses actionnaires ont jusqu'à jeudi soir minuit pour dire s'ils comptent y souscrire ou pas. Air France-KLM (qui possède 25% d'Alitalia et qui était présenté jusqu'ici comme l'un repreneur possible de la compagnie italienne) devrait, finalement, renoncer à remettre de l'argent au pot. Pour Air France, les conditions économiques, sociales et financières ne sont pas réunies, même si demain, Alitalia devrait présenter un nouveau plan industriel.

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