C'est une nouvelle salve contre les sociétés d'autoroutes. Après la Cour des Comptes, après l'Autorité de la Concurrence, après les déclarations tonitruantes de Ségolène Royal, après ,dimanche, un numéro de Capital, sur M6, consacré "au jackpot des autoroutes", après, donc, une longue série d'attaques, c'est au tour de la fondation Terra Nova de s'en prendre aux péages. Terra Nova, think tank, "laboratoire d'idées" classé à gauche, sur une ligne social-libérale. Terra Nova publie, aujourd'hui, une note consacrée aux concessions autoroutières, qui, sans surprise, confirme le constat dressé par tous les rapports qui l'ont précédé. Le texte fustige la "rente autoroutière" et avance quelques solutions pour s'en débarrasser, des idées qui pourraient inspirer le ministre de l'Economie, Emmanuel Macron qui vient de promettre "beaucoup plus de pression sur les sociétés d'autoroutes". Dans sa note, Terra Nova procède à un nouveau calcul, celui du ratio de rentablité des sociétés autoroutières, l'Excédent Brut d'Exploitation sur le chiffres d'affaires. On atteint un niveau "stratosphérique", lit-on: 70% en 2013. Le Think Tank poursuit son calcul: sans grêver les capacités d'investissement de ces sociétés, sans hypothéquer le remboursement de leur dette, on peut réduire de moitié le prix des péages! Comment Terra Nova espère y arriver? Sa note propose, non pas, de taxer les concessions autoroutières (leur contrat stipule qu'elles peuvent alors, immédiatement, répercuter cette hausse sur leurs tarifs), la note propose de taxer leurs maisons-mère: Vinci, Eiffage. Un impôt "exceptionnel", pour récupérer, ainsi, une partie de l'argent des péages. La limite est évidente: Abertis, groupe espagnol qui possède la Sanef notamment, y échapperait. Mais l'idée est, surtout, de créer un nouveau rapport de force, pour contraindre les sociétés concessionnaires à renégocier leurs conventions avec l'Etat. Surtout, Terra Nova propose de s'attaquer d'urgence à 2 points extrêmement sensibles. D'abord, la transparence des coûts, aujourd'hui compliquée parce que les sociétés d'autoroutes sont des filiales de groupe de BTP. Résultat: "les risques de subventions croisées, de surfacturation sont importantes", écrit Terra Nova. Ensuite et surtout, s'attaquer à la gouvernance autoroutière défaillante, où domine des "pratiques collusives généralisées". Il faut empêcher, par exemple, la mobilité professionnelle très fréquente entre le régulateur et le régulé. La note l'affirme: "il est habituel pour les sociétés d'autoroutes de recruter une partie de leurs cadres, au sein de la Division chargée de négocier les péages".

Suit et pas fin. La bataille boursière autour du Club Med continue. Chinois ou italien, quel est l'avenir du Club Med? On ne sait toujours pas, mais la bataille prend des proportions qui commencent à s'éloigner, franchement, de la réalité économique et financière du groupe. On est parti, il y a 1 an et demi, avec une offre d'OPA d'un groupe chinois (Fosun) à 17 euros 50, par action. Ca a grimpé, et hier, nouvelle surrenchère de son concurrent, l'Italien Bonomi, associé à Serge Trigano, le fils du fondateur, une offre à 23 euros. A ce prix, pour certains analystes, le Club Med est, clairement, sur-évalué.

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