Louis Gallois, le patron d'EADS (la maison mère d'Airbus) le reconnait lui-même: il y a "une sacrée liste d'attente" pour bénéficier du futur Grand emprunt, voulu par Nicolas Sarkozy. Alain Juppé et Michel Rocard, les 2 présidents de la Commission chargée de dire quelles doivent être les priorités le confirment: ils sont très sollicités. Chaque jour, ils reçoivent une nouvelle proposition. Chaque jour, il consultent, auditionnent des patrons ou des représentants de groupes d'intérêts. Louis Gallois (encore lui) est par exemple venu "vendre" tout récemment son avion du futur, qui pourrait permettre, selon lui, de consommer 2 fois moins de kérosène. D'autres sont venus vanter leurs projet d'algues-carburants. C'est un peu le "bal des géotrouvetout", traduit, mi amusé, mi agacé, un membre de la Commission Juppé-Rocard, qui voit également poindre une autre tentation forte (cette fois-ci du gouvernement): faire de ce grand emprunt, une sorte de "session de rattrapage" du budget. Les ministres tentent, chez Juppé et Rocard, de décrocher les crédits qu'ils n'ont pas obtenu de Bercy. Jean-Louis Borloo fait le forcing avec ses voitures électriques. Valérie Pécresse fixe les 29 projets de recherche qui méritent d'être choisis. François Fillon, lui-même, estime haut et fort, que le numérique (et notamment le très haut débit) doit être retenu. Des industriels, du coup, s'engouffrent dans la brêche: ils viennent de vendre leurs projet de "clouds"("nuages", en français): des plateformes informatiques qui permettent de stocker toutes les données numériques. Certains osent carrément chiffrer leurs besoins: 800 millions d'euros, par exemple, c'est ce que réclame l'industrie aéronautique. D'autres tentent de séduire en se calant sur les thèmes les plus porteurs: les bio, les nanos, les éco-technologies: les gisements de croissance... "de demain". Forcément, c'est plus intéressant que les gisements de croissance d'hier. Tous semblent, en tout cas, avoir intégré une donnée: le gâteau à se partager sera moins gros que prévu. Un grand emprunt à 100 milliards, "c'est délirant" a dit Alain Juppé, en fin de semaine dernière. "Il faudra être plus modeste en effet" confirme Jacques Delpla, un membre de la Commission, qui refuse de la transformer en "Commission Titanic"! Dernier Nobel de la saison, aujourd'hui: le Nobel d'économie. Pour les puristes (et il y en a en économie!), il s'agit du "Prix de la Banque de Suède, en mémoire d'Alfred Nobel": c'est une sorte de vrai-faux Nobel, puisque l'économie ne faisait pas partie de la liste laissée, dans son testament, par Alfred Nobel. Peu importe. C'est à 13h qu'on connaîtra le nom du lauréat 2009. Selon un quotidien suédois -toujours bien informé-, il pourrait s'agir de l'Autrichien Ernst Fehr, de l'Université de Zürich. C'est un spécialiste de l'influence de la psychologie et du groupe social sur les comportements économiques. La crise du lait. Réunion, aujourd'hui à Vienne en Autriche, des 20 pays de l'Union européenne, favorables à une régulation du marché du lait. Le crédit de Lagarde. Christine Lagarde doit dévoiler, officiellement aujourd'hui, de nouvelles mesures contre le surendettement. Il s'agit notamment de supprimer certains intérêts, imposés par les banques aux surendettés. Mais aussi de permettre aux ménages, propriétaires de leur logement, d'accéder aux Commission de surendettement, alors qu'aujourd'hui ils en sont exclus.

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