Ca c'est passé, mercredi , à l'Assemblée nationale, à l'occasion d'une table ronde sur l'énergie. Un député socialiste, Philippe Plisson, met les pieds dans le plat, en s'adressant à Henri Proglio, le patron d'EDF. Lors de la campagne présidentelle, vous avez pris une position publique d'opposition au programme du candidat Hollande sur le nucléaire. Il a été élu, la logique ne devrait-elle pas vous conduire à démissionner?". Cette sortie a valu au député un sermon du président de séance (sur le mode "ce ne sont pas des manières", "nous ne sommes pas ici pour parler de ça") mais Henri Proglio y a répondu, finalement. Non sans la malice qui le caractèrise: "j'ai dit, à l'époque que le nucléaire est une énergie d'avenir. Le gouvernement le dit, également, aujourd'hui. Donc, je pense que cela va clore ce débat". En fait, ce jour-là (mercredi, mais on ne l'apprendra que le lendemain), Henri Proglio a, bel et bien, démissionné. Pas de la présidence d'EDF, mais de Véolia Environnement, l'entreprise qu'il a longtemps dirigé, et dont il était encore administrateur. C'est sans doute, pour lui, un crève-coeur après 30 ans passés dans cette entreprise. Seule, désormais, sa retraite-chapeau le reliera, à elle. En tout cas, pour beaucoup, cette démission d'Henri Proglio du Conseil de Véolia n'est pas sans lien, avec sa position délicate, à la tête d'EDF, rappelée par le député-provocateur. En anticipant son départ de Véolia, Henri Proglio envoie un signal de bonne volonté au gouvernement. Son poste de PDG d'EDF est contesté (pendant la campagne, il a été la cible de plusieurs responsables socialistes devenus ministres, et son surnom depuis l'élection de François Hollande, c'est "PPH", Passera Pas l'Hiver), alors il aurait décidé d'accéder à l'une des demandes du gouvernement: mettre fin à cette "double casquette", qui a tant défrayé la chronique, et qui est devenue intenable depuis sa tentative de putsch, au début de l'année, quand il a essayé de placer Jean-Louis Borloo, à la tête de Véolia. A Bercy hier, on constestait cette analyse: "on ne lui a rien demandé. Son départ, c'est sa décision". Chez Véolia, où on est devenu très méfiant, on se demande si Proglio, en fait, ne prépare un mauvais coup. Au sujet, par exemple, de leur filiale commune, Dalkia. A EDF, comme explication, on dit simplement que "le temps était venu".

Défaillir. Les défaillances d'entreprises se multiplient. C'est ce qui ressort de 2 études publiées hier simultanément. Prenons celle du cabinet Altares: elle note une augmentation de presque 4%, d'une année sur l'autre, des procédures de sauvegarde, des réglements judiciaires et des liquidations d'entreprises. Au total, plus de 48 mille emplois concernés: dans la construction, les services et la distribution. La Coface, auteur de l'autre étude, note que les entreprises de taille intermédiaire (les ETI) souffrent particulièrement: 34% de défaillances en pluss sur les 8 premiers de l'année.Boire. Le relèvement des taxes sur la bière, prévue dans le projet de budget du financement de la Sécurité sociale, reste en travers de la gorge d'une cinquantaine de députés. De droite ou de gauche, et principalement élus du Nord et de l'Est, ils viennent d'écrire au gouvernement pour lui demander de renoncer à son projet. Ils soulignent ses conséquences néfastes, selon eux, sur cette filière traditionnelle. Et notamment sur l'emploi.

L'équipe
Mots-clés :
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.