C'est une situation paradoxale : la crise n'a jamais été aussi pesante (l'inflation est au plus haut... la récession menace), et c'est peut-être la réunion ministérielle moins "chahutée" que s'apprête à vivre le président de la Banque Centrale Européenne. Qu'on s'entende bien : les critiques ne manquent pas contre la politique monétaire qu'il a choisie de mener : le maintien des taux d'intérêts à un niveau élevé, pour contrer une inflation, en Europe, à près de 4%. Lisez la presse, ce matin... allez sur Internet (et particulièrement sur le site "stoptrichet.com") : vous verrez qu'il est très décrié. Ce qui est plus étonnant, c'est qu'à Nice, aujourd'hui et demain, au cours du Conseil des ministres européens de l'Economie et des Finances (ou en marge), il devrait être plutôt épargné par les critiques des dirigeants européens, et singulièrement par les Français. Il y a plusieurs raisons à ça : d'abord, l'euro a entamé un net et franc recul face au dollar (il valait 1 dollar 39, hier ; contre 1 dollar 60, cet été, son plus haut niveau). Et cette nouvelle soulage tout le monde. Ensuite, -beaucoup le disent- Jean-Claude Trichet, depuis un an, a gagné des "galons de général": face à la crise des subprimes, il a su parfaitement réagir en injectant des milliards d'euros dans l'économie pour éviter la faillite des banques. Il est apparu, alors, moins "dogmatique" que ce à quoi il nous avait habitué. Enfin, Jean-Claude Trichet peut dire merci au calendrier : le hasard fait que c'est la France - la plus critique à son égard - qui préside l'Union européenne. De fait, elle se doit, donc, d'être "consensuelle", d'être moins polémique puisqu'elle s'exprime au nom du groupe. C'est facile à vérifier d'ailleurs : les dernières critiques de Nicolas Sarkozy datent de juin dernier. Quelques jours seulement avant le début de la présidence française. A contrario, ça veut aussi dire que ce "climat favorable" n'aura qu'un temps : cette présidence, Monsieur Trichet, s'achève le 31 décembre. Les cadres aussi perdent du pouvoir d'achat. Le quotidien "La Tribune" publie, ce matin, les résultats de l'enquête que réalise la CFDT Cadres, chaque année. D'origine syndicale, on peut évidemment la soupçonner de "noircir, quelque peu, le tableau" mais, par le passé, elle s'est souvent révélée exacte. Cette année, elle montre que la moitié des cadres, en France, ont vu leur pouvoir d'achat reculer, l'année dernière : c'est inédit depuis 2004. Une nouvelle grande banque américaine dans la tourmente des "subprimes". Lehman Brothers a été, une nouvelle fois hier, massacrée à Wall Street : le titre a perdu 40% en une seule séance. La banque d'affaires n'arrive pas à trouver d'investisseurs pour renflouer ses caisses. Les pouvoirs publics américains, le Trésor, la Réserve fédérale, auraient pris le dossier en main, pour lui éviter la faillite. Pas d'entourloupe à la pompe ! Les compagnies pétrolières répercutent "rapidement et correctement" la baisse des cours du pétrole sur le prix des carburants à la pompe. C'est le ministère de l'Economie qui l'affirme. Hier matin, ici même, Christine Lagarde avait pourtant exprimé quelques doutes, concernant le Super sans-plomb. Bercy affirme, désormais, que les prix en France sont "dans la moyenne européenne".

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