A Marseille, ce week-end, où étaient réunis les ministres et les gouverneurs des banques centrales du G7, Jean-Claude Trichet a consacré plusieurs minutes de sa conférence de presse à cette affaire. En anglais, en français... sur tous les tons, le président la Banque Centrale Européenne est revenu sur la démission de son chef économiste, l'Allemand Jürgen Strak. L'annonce, vendredi, de ce départ a surpris tout le monde, et a fait chuter la bourse... (il est vrai) "hyper-sensible" en ce moment. A Marseille, Jean-Claude Trichet a répété la version officielle: Stark s'en va pour des "raisons personnelles". "Il a toujours été d'une loyauté parfaite" a dit le Français, qui sait que personne ne croit à cette explication. Si Jürgen Strak, membre influent du Directoire de la BCE s'en va, c'est qu'il est en désaccord avec la politique menée. Sa décision de partir, il l'aurait prise début août. A l'issue de la réunion du Conseil des gouverneurs de la BCE, qui a validé le principe d'une intervention massive sur le marchés de dettes souveraines. La Banque Centrale Européenne, qui avait déjà racheté de la dette grecque et portugaise, pour éviter la faillite de ces 2 pays, étendait son rayon d'action... à l'Italie et à l'Espagne. La crise s'étend, mais pour l'Allemand -qui souhaitait une BCE construite comme la Bundesbank- ces mesures radicales marquent la fin de l'indépendance de Banque Centrale Européenne vis-à-vis des gouvernements... une défaite politique (et théorique) pour ceux qu'on appelle les "faucons". Jürgen Stark, l'un de leurs plus dignes représentants, en a tiré les conséquences, en démissionnant. Dans Libération ce matin, Jean Quatremer, le correspondant du journal à Bruxelles, ajoute une autre explication: Angela Merkel, pour éviter le pire (annoncé, d'ailleurs, ce week-end, par ses propres ministres, qui reconnaissent travailler à une sortie prochaine de la Grèce de la zone euro) se serait ralliée à l'idée de créer des "euro-bonds". Ce serait un revirement à 180° pour la Chancelière. Et la France, si elle devait suivre. Des groupes de travail consacrées à ces obligations européennes seraient mis en place, des haut-fonctionnaires allemands seraient venus discrêtement, à Paris cette semaine, raconte Libé. "Trop, c'est trop" aurait donc conclu Jürgen Stark.La Société générale tente de rassurer les marchés. C'est la banque la plus malmenée, en ce moment à la bourse. On sait aussi qu'avec BNP Paribas et le Crédit Agricole, elle s'attend à être dégradée par Moody's, cette semaine. Pour tenter de rassurer donc, la Société Générale publie, ce matin, un communiqué qui promet -c'est son titre- "une accélération de sa transformation". La banque annonce un plan d'économies et la vente de nombreux actifs. Elle ne programme, dit-elle, aucune augmentation de capital.La Grèce dégraisse. C'est aussi pour rassurer les marchés, mais encore l'Europe et le FMI (et obtenir le déblocage d'un nouveau prêt) que la Grèce a annoncé, hier, 2 milliards d'euros d'économies supplémentaires. Athènes créé une nouvelle taxe immobilière exceptionnelle, mais faute d'un cadastre fiable, elle sera collectée directement sur les factures d'électricité.L'euro chute en Asie. L'euro face au yen, ce matin. Il est au plus bas depuis 10 ans.

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