Par 2 fois, au moins, hier, le gouvernement s'est justifié. La première fois, c'était dans la cour de l'Elysée. Jean-Marc Ayrault s'approchant des micros et des caméras, a commencé à dévoiler les grandes lignes du budget de l'année prochaine mais a surtout tenu à préciser sa priorité: "la croissance, la compétitivité pour gagner la bataille de l'emploi", a-t-il dit. Dans son budget, il y a des mesures fiscales, pour soutenir le pouvoir d'achat (le dégel du barême de l'impôt sur les revenus, la décote qui rend des ménages modestes non imposables) mais le Premier ministre ne s'est pas étendu, préférant répéter son objectif principal: "redonner des marges aux entreprises. Pour investir, pour innover pour créer des emplois... mais aussi pour négocier les salaires lorsque les marges s'améliorent". Voilà qui est dit, assumé: c'est bien une "politique de l'offre" qui est à l'oeuvre. Quelques instants plus tard, cette fois-ci à Bercy, c'est Pierre Moscovici, lors de la conférence de presse organisée à la hâte au ministère qui précise, à son tour, sa pensée et son credo pour un "socialisme de l'offre". "Je trouve simpliste, et pour tout dire caricatural d'opposer la fiscalité des ménages et la fiscalité des entreprises", attaque le ministre, "car ce qui compte à la fin c'est l'incidence fiscale notamment en terme d'emplois". "Et l'emploi, termine Pierre Moscovici, "c'est la première source du pouvoir d'achat". Voilà donc, la grille de lecture à appliquer sur le budget dévoilé hier. Qui signe d'une certaine manière un double retournement: d'abord, la priorité faite, désormais, aux économies plutôt qu'aux hausses d'impots (80% de l'effort, affirme Bercy, est réalisé par la baisse de la dépense publique). Mais, 2ème virage, les entreprises seront, l'année prochaine, clairement moins mises à contribution que cette année. Ou qu'en 2012. Ce qui donne, concrêtement, un basculement d'une partie de la pression fiscale des entreprises vers les ménages. La TVA est, évidemment, le principal levier. 6 milliards et demi d'euros, payés par les consommateurs, l'année prochaine, vont servir à financer la baisse des charges patronales, dans le cadre du Crédit d'Impôt Compétitivité Emploi. On sait aussi que la hausse des cotisations, décrêtées dans la cadre de la réforme des retraites, sera intégralement compensée. "Effet "nul" pour les patrons. Mais en plus, on découvre qu'au chapitre des impôts et taxes, créés en 2013, mais n'auront plus aucun rendement en 2014 et qu'il faut donc compenser par de nouvelles recettes, les entreprises, là encore, sont épargées. Là où elles auraient dû "débourser" 4 milliards et demi d'euros d'impôts... seuls 2 et demi leur seront demandés. Le communiqué du groupe PS, à l'Assemblée nationale, publié, hier, justifie ce choix: "pour ne pas casser la reprise". Le choix est, donc, assumé. Jusque dans les rangs socialistes. En tout cas en apparence.

Scission, amour. Vivendi va se séparer de SFR. Annonce officielle, hier, du Conseil de surveillance de Vivendi: il met à l'étude le projet de scission de sa filiale télécoms française. L'objectif affiché, c'est de placer SFR en Bourse... le plus vite possible. C'est-à-dire quand l'opérateur, bousculé par l'arrivée de Free dans le mobile, aura réussi à rassurer sur son avenir. Mais hier, chez Vivendi, c'est la fin de guerre entre Jean-René Fourtou, le président du Conseil de Surveillance, et Vincent Bolloré, son premier actionnaire, qui a été, surtout, actée. Vincent Bolloré devient vice-président. Et pour faire comme si tout va bien désormais, le communiqué officiel d'hier précisait "qu'il a rendu hommage à Jean-René Fourtou, et l'a assuré de son soutien total".

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