7ème jour de grève, aujourd'hui à la SNCF. Et pour ceux qui ne trouvent pas, ce matin encore, leur train habituel cette (double) question: combien de temps ça va durer? Pourquoi ce dialogue de sourds se poursuit-il, entre la direction et les syndicats, engagés dans un jeu qui paraît "sans fin". L'une disant "arrêtez la grève, et on négocie", la CGT répétant, elle, "négocions pour arrêter cette grève!". Pourquoi ça bloque, donc? Sans doute, parce que derrière les revendications de fond, soulevées par les syndicats (l'avenir du fret, l'avenir de la SNCF en général, l'emploi, et aussi les salaires) parce derrière ces revendications se joue une autre partie, toute aussi décisive pour l'entreprise publique. Pas une bataille de personnes, non. Didier le Reste, le chef de file de la CGT cheminots, et Guillaume Pepy, le patron de la SNCF, sont d'accord sur ce point: il ne s'agit pas d'une guerre entre eux. Je ne vous dit pas que quand vous leur parlez en privé, il ne se gênent pas pour glisser, dans la conversation, une ou 2 remarques désagréables, l'un sur l'autre, mais accordons-leur ce bénéfice du doute: c'est d'abord sur leur conception du dialogue social qu'ils se battent. Parce que c'est là le coeur du blocage actuel. On est, avec cette première grève reconductible depuis lontemps, à un moment "charnière" du mandat du patron de la SNCF, qui est arrivé à la tête de l'entreprise avec cette idée: mettre fin à, ce qu'il appelle, la "gréviculture de la SNCF", cette culture maison, qui veut que tout doit se résoudre par la grève. Le principe du président Pépy se décline, du coup, ainsi: "la grève paiera toujours moins que la négociation". Dit encore autrement: "on ne négocie pas pendant la grève". Avant, oui! Et pour la direction de la SNCF, avant la grève, c'est même très payant: l'UNSA et la CFDT qui ont accepté de jouer le jeu, ont obtenu, par exemple, 500 embauches supplémentaires. C'est d'ailleurs, aujourd'hui, parce que 2 syndicats représentatifs ont signé un accord "pré-grève" que la direction de la SNCF estime qu'elle ne plus pouvoir reculer: accepter de négocier aujourd'hui, en accordant une sorte de "prime aux grévistes". Ce serait pire que tout: la remise en cause de toute une stratégie (bonne ou pas, chacun peut juger), et, à coup-sûr, un "carnage syndical"! Retour, donc, le rapport de force classique. La direction, évidemment, mesure, chaque jour, au plus près, la mobilisation des cheminots. Elle affirmait encore, hier soir, que la CGT court à l'échec. Le syndicat, lui, veut croire que la grève très suivie, dans certaines régions, fera, finalement, plier la direction. Il n'y aura pas "d'impôt retraite"! Eric Woerth a calmé les ardeurs de ceux qui pensaient la voie "ouverte", depuis les propos de Nicolas Sarkozy, la semaine dernière. Le ministres des Affaire sociales, au terme de sa journée de consultations des partenaires sociaux hier, a répété qu'une hausse importante et générale des impôts ou des cotisations sociales, pour financer les retraites, n'est pas la piste privilégiée par le gouvernement. Il admet, en revanche, qu'"ici ou là" certains prélèvements pourraient (légèrement) augmenter. De simples ajustements. La faute àla Grèce? Le président de la République, depuis Washington: "En Europe, l'économie repart, mais c'est difficile parce la situation de la Grèce suscite "beaucoup de fébrilité", selon lui. Hier, les marchés ont plutôt bien, accueilli la plan européen de soutien à Athènes. Palm à vendre. Palm, l'inventeur de l'agenda électronique, qui cartonnait au début des années 2000. Aujourd'hui, il est écrasé par les fabricants de smartphones, devenus la norme: Apple, Blackberry en tête. Palm, du coup, cherche un repreneur.

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