Le constat est, désormais, connu et largement partagé: la (maigre) reprise économique qu'on perçoit en ce début d'année (et que François Hollande et son gouvernement ne cessent de vanter et de gonfler), n'est dûe, à ce stade qu'à des causes dites "exogènes". Autrement dit, qui n'ont pas grand chose à voir avec la politique menée, au niveau français: la baisse de l'euro et des taux d'intérêt, d'une part, et la baisse du pétrole, d'autre part. Et si la croissance revient, c'est, d'abord, grâce à la consommation des ménages. Avec la baisse des prix à la pompe, les Français ont vu, mécaniquement, spontanément, leur pouvoir d'achat s'améliorer, et ils ont choisi de dépenser cet argent "tombé du ciel", ce qui a alimenté, favorablement, la machine économique. Mais, au super comme à l'hypermarché, il n'y a pas que l'étape obligée à la pompe à essence, qui explique le phénomène. Le passage en magasin aussi y a contribué. Une enquête de la société d'étude IRI, révélée par les Echos ce matin, montre que les prix, dans la grande distribution, ont diminué, l'année dernière, globalement, de 1,3%. C'est 1 milliard d'euros de gain de pouvoir d'achat qui a été, ainsi, rendu aux consommateurs. Vous et moi. Les reculs, pour certains produits, sont très marqués: le prix du pain de mie, de la Ricoré et de la purée Mousline, a chuté de 7%. Les shampoing et déodorants ont baissé de 4%. La viande, la charcuterie aussi ont coûté moins cher, l'année dernière (-0,4%). Ce milliard d'euros (facilement) gagné, là encore, a été immédiatement dépensé: les consommateurs, selon cette étude, s'en sont servi pour se tourner vers des produits innovants, de meilleure qualité: produits locaux ou bio. Tant mieux. Mais tout ça a été obtenu avec une "guerre des prix" ravageuse, qui pèse sur les fournisseurs: petits producteurs, et même géants de l'agroalimentaire! Récemment, le patron de Nestlé France a pris la parole -c'est rare- pour dénoncer la pression énorme de la grande distribution. "Pour négocier, nos commerciaux se sont retrouvés, le samedi, dans des box de parking, à 23 heures, soumis à une pression digne d'une garde à vue" a-t-il raconté. Le pouvoir des Centrales d'achat de la grande distribution est énorme, il doit être contenu, estiment certains. mais aujourd'hui -c'est comme ça- il fait du bien à la croissance!

Moteur de recheche... de griefs. Bruxelles contre Google: ça pourrait se jouer cette semaine. La Commission européenne a ouvert une enquête en novembre 2010 contre le géant américain, accusé de pratiques anti-concurrentielles. Par exemple, d'user de la position dominante de son moteur de recherche pour favoriser ses propres services spécialisés. Depuis fin 2010, donc, les services de Bruxelles travaillent, et selon les Echos, c'est, peut-être, cette semaine que la Commission publiera la liste officielle de ses griefs. Sur le papier, Google risque une amende pouvant aller jusqu'à 10% de son chiffre d'affaires, soit 6 milliards d'euros.

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