Claude Froelicher
Claude Froelicher © Radio France

Il a promis une caisse de "vendanges tardives". 2, en fait: une pour moi, une autre pour Thomas (Legrand). Vous auriez dû venir à Strasbourg avec nous, Patrick (Cohen), mardi ! Celui qui nous a fait cette promesse, c'est Claude Froelicher, le chef d'entreprise, invité de Clara (Dupont-Monod), à 7h50. A l'antenne, il a expliqué que ce n'est pas tant la baisse des charges, promise par François Hollande, dans le cadre du "Pacte de responsabilité", qu'il attend avec impatience. Non, c'est plus un allègement des contraintes, qui pèsent sur les entreprises qu'il espère. "Il faut de l'oxygène" a-t-il asséné. Un discours bien connu que notre patron alsacien a étayé visant directement ce qu'on appelle les "seuils sociaux". Vous savez, ces passages, de 9 à 10 salariés, de 19 à 20 et de 49 à 50, qui ajoutent, instantanément, de nouvelles obligations aux entreprises : Obligations sociales, fiscales.

Des acquis mais avec cet effet pervers: à chaque seuil, on soupçonne que des entreprises "retiennent" des embauches pour éviter de ces nouvelles contraintes. Hors antenne, on a tenté de rassurer ce chef d'entreprise: "c'est encore très discret, un vague projet, mais, oui, l'informe-t-on, le gouvernement réfléchit à modifier ces seuils sociaux. Il reste très sceptique mais nous fait, donc, cette promesse (c'est évidemment une blague parce que nous sommes incorruptibles): "s'ils font sauter ces seuils,une caisse de vendanges tardives pour vous!. "Et pour Thomas Legrand aussi", qui s'était opportunément glissé dans la conversation. Tout est vrai, bien-sûr. Y compris, ce projet de modifier les seuils sociaux. Un grand patron, proche de la sphère publique, le confirmait, récemment, sous couvert d'anonymat : le gouvernement réfléchit sérieusement à un relèvement des seuils sociaux dans les entreprises, espérant (même si des études contestent cet effet), l'embauche, immédiate, des 1, 2, 3 salariés par entreprise se disant jusqu'ici "bloquée".

La fusion des CE (les Comités d'Entreprises) et des CHSCT (les Comités d'Hygiène, de Sécurité, et des Conditions de Travail) serait aussi à l'étude. Un parlementaire socialiste confirme ces informations, mais réclame "la plus grande discrétion". La question est très sensible, il le sait. Tout va dépendre du climat politique post-électoral, de la réussite ou non du Pacte. Et, finalement, de l'oppostion des syndicats. "Sur un coup pareil, on ne peut pas laisser Laurent Berger tout porter. Il faudra l'accord de la CFDT, mais aussi de Force ouvrière. Et aucune opposition ferme de la CGT".

Ne pas chômer. Les négociations sur l'avenir de l'Assurance-chômage entrent dans le vif du sujet aujourd'hui. Le Medef a fait connaître ses propositions, hier, avant une nouvelle réunion, ce matin. Et déjà, certains syndicats dénoncent une provocation. Le patronat, même s'il sait que le gouvernement rejette l'idée, propose de supprimer le régime des intermittents du spectacle. Il propose, également (et ça, c'est nouveau) de moduler le niveau des aides en fonction du taux chômage: plus il est faible, moins les chômeurs sont indemnisés (et inversement). Autre idée: le Medef aimerait que les salariés qui quittent leur emploi avec un gros "chèque de départ" ne le cumulent plus du tout avec leurs allocations-chômage. Même passé un délai de carence.

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