Ce qu'il aimerait, ce qu'il attend d'eux, c'est qu'ils sortent de leur discours habituel. Vous savez les "bravos pour tout que vous faites. Continuez.". "C'est généralement ce que nous servent les politiques, quand ils viennent nous voir. Un discours très "bonnes oeuvres", affirme Matthieu Angotti, le Directeur Général de la FNARS, la Fédération Nationale des Associations d'Accueil et de Réinsertion Sociale. Elle regroupe plus de 800 associations ou organismes publics, centres d'hébergement, de soins, ou encore le 115, l'accueil des sans abri. Demain, à Nantes, la FNARS, à l'occasion de son Congrès, organise un débat avec des représentants des candidats à la Présidentielle. L'UMP, le PS, les Verts, le Modem et le Front de gauche seront représentés. Et Matthieu Angotti espère, donc, qu'à cette occasion, les politiques prendront, enfin, conscience que 25, 30 ans de crise ont changé la donne: "on doit sortir, dit-il, de la logique caritative (les "bons sentiments" et les chèques, déductibles des impôts) pour faire de la lutte contre la précarité, une vraie priorité politique". Ce n'est pas gagné", poursuit Matthieu Angotti parce qu'en ce début de campagne les candidats n'ont que la classe moyenne à la bouche. Et à l'esprit. "Il faut la protéger du déclassement", "il faut qu'elle arrête de payer pour les "profiteurs" ou les "fraudeurs". Que ce soit à Droite, ou à Gauche, le climat n'est, manifestement, pas propice à parler de la précarité et des exclus. Les uns et les autres devraient se pencher sur le sondage que la FNARS a commandé, et qu'elle va publier, dans la journée. 41% des personnes interrogées affirment avoir été confrontés, soit directement, soit par le biais d'un proche, à la précarité, entendue au sens d'une grande difficulté matérielle à la suite d'une perte d'emploi, d'une maladie, d'un divorce. Quelque soit l'âge, ce constat est très fort, selon ce sondage, qui affirme encore que 80% des personnes interrogées souhaitent que les candidats parlent plus d'exclusion. Sympathisants de Droite et de Gauche se rejoignent sur ce point, ce qui n'est pas pour déplaire à la FNARS. Rassurée par son sondage, sur une idée qu'elle pousse: impliquer les exclus dans la prise de décision les concernant. Comme on le fait dans la santé, où les malades sont consultés, on doit pouvoir faire pareil pour les personnes en situation de précarité. 70% des personnes interrogées approuvent l'idée. Une "bonne surprise" dans le climat ambiant, selon les responsables de la FNARS.

AAA . La France a, déjà, perdu son triple A. C'est le patron de la Société Générale qui l'affirme. Frédéric Oudéa accorde une interview, ce matin, aux Echos. "La dégradation de la note de la France est déjà intégrée par le marché" confirme-t-il. Alors la Banque Centrale Européenne a prêté, fin décembre, près de 500 milliards d'euros, aux banques, le PDG de la Générale -au risque d'apparaître plutôt "ingrat"- affirme, également, que les banques n'ont pas vocation à acheter de la dette souveraine". Ce qu'attend d'elles, pourtant, les dirigeants européens.

Ouf. Hier, l'Italie et l'Espagne ont réussi leur opération de refinancement, sur les marchés financiers.Ah!! François Baroin confirme: la France va faire (un peu) mieux que prévu en matière de réduction de son déficit public, pour l'année 2011. Il devrait approcher, au final, 5,5% (rapporté au PIB). Contre 5,7 prévus.

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