"L'esprit du 11 janvier" va-t-il souffler sur les relations sociales? L'esprit du 11 janvier, c'est celui du rassemblement des Français, dimanche. Dans l'immense cortège parisien, les syndicats étaient là évidemment. Le patronat aussi. Derrière une banderole noire "Je suis Charlie", Pierre Gattaz (du Medef) et Laurent Berger (de la CFDT) ont défilé, côte-à-côte. Sur twitter, quelqu'un a posté la photo (plan large: on y voit aussi les politiques de Droite et de Gauche, BHL et Laurence Parisot, à bonne distance de son successeur). La photo s'accompagne de ce commentaire, "c'est beau la France". "L'esprit du 11 janvier" l'expression est revenue, hier, dans un communiqué de la CFDT. "Le peuple de France (...) a fait entendre un message (...) à tous ceux qui ont la responsabilité d'assurer le vivre ensemble et la cohésion du pays" peut-on lire, le "mouvement syndical est lui aussi interpellé". D'autres syndicats se sont exprimés, dans le même sens mais au Medef aussi, semble-t-il, "l'esprit du 11 janvier", souffle. Avec, peut-être, une conséquence très directe, très concrête, très rapide sur les négociations en cours concernant la modernisation du dialogue social. Celles dites des "seuils sociaux". La dernière séance de négociation doit se tenir, jeudi, et jusqu'à présent, beaucoup prédisaient un échec. Depuis dimanche, depuis Charlie, l'humeur a changé. "Attention, rien n'est gagné" dit un conseiller gouvernemental bien informé, mais c'est vrai que les choses bougent". Il explique: "les relations sociales, c'est de la pâte humaine. Les circonstances, le moment, le climat peuvent jouer, et, au final, changer la donne". Depuis dimanche, "les jeux de rôle, les postures disparaissent" note encore cet acteur du dossier. Attention à l'intox, mais beaucoup se joue, en fait, à l'intérieur même du camp patronal, jusqu'ici très divisé. Notamment sur la question de la représentation syndicale dans les entreprises de moins de 11 salariés. Au sein du Medef, les discussions sont très vives. Et entre le Medef et les autres organisations patronales aussi, on s'oppose beaucoup. Hier, raconte un témoin -esprit du 11 janvier es-tu là?- la réunion du lundi au Medef, s'est "très bien passée, dans le calme" (ça n'a pas été le cas des précédentes). Et la voie d'un compromis, d'abord avec la CGPME et l'UPA, puis avec les syndicats réformistes est jugée, désormais, "possible". On va vite pouvoir le vérifier, rendez-vous jeudi.

Effacer. Et si on effaçait une partie de la dette grecque? C'est, pour beaucoup, la seule solution pour sauver l'économie grecque... et bien, hier, c'est le gouverneur de la Banque de France qui a ouvertement évoqué cette solution, à quelques jours -et ce n'est pas un hasard- des Législatives, en Grèce, dont le parti de Gauche Syriza reste le grand favori. Pour Christian Noyer (qui s'exprimait, hier, dans un journal allemand), il faut envisager un allègement de la dette grecque. Elle est aujourd'hui détenue par les pays européens, directement ou via le Fonds européen de Solidarité, par le FMI et par la Banque Centrale Européenne.

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