Par Régis Lachaud.

Du fait de la crise financière et bancaire en zone euro, le sujet revient depuis quelques semaines à l'ordre du jour. Quelques grandes entreprises industrielles envisageraient de créer leur propre banque pour deux raisons : pouvoir faire crédit à leurs clients sans passer par les fourches caudines des banques traditionnelles et, ce qui est moins connu, pouvoir ouvrir un compte à la Banque centrale européenne... Avec deux avantages : une grande sûreté pour l'argent déposé (en cas de faillites en chaîne de banques commerciales si la crise au sein de la zone euro s'aggrave) mais aussi un accès quasiment gratuit au crédit. La BCE prête actuellement aux banques à un taux proche de zéro.

Le groupe EADS a encore précisé vendredi dernier qu'il étudie cette question d'une éventuelle création bancaire. Il faut dire que la maison mère d'Airbus détient une trésorerie qui suffit à elle seule à remplir les coffres d'une belle petite banque : 11 milliards d'euros que l'entreprise franco-allemande souhaite gérer avec prudence.

Cela dit, ce type de banque existe déjà. C'est d'ailleurs ce que souligne la Banque de France quand on lui pose la question : les précédents sont multiples. En France, les constructeurs automobiles Renault et PSA ont leur filiale bancaire pour gérer les ventes à crédit. Les groupes de distribution, comme Carrefour qui possède sa propre banque. Ce qui est nouveau, ce sont les craintes de faillites bancaires au sein des entreprises industrielles. A l'automne dernier, rappelez-vous, le groupe allemand Siemens avait retiré plusieurs centaines de millions d'euros de son compte pour les rapatrier dans sa propre filiale bancaire. "Avec la crise, tout le monde réfléchit !" résume un bon connaisseur du secteur financier... D'autant plus que les banques traditionnelles sont sous contrainte des nouvelles règlementations, et donc très prudentes en matière de crédit. Tout le monde, c'est à dire les entreprises privées mais aussi les collectivités locales pour se libérer du fléau des emprunts toxiques ou même l'Etat avec un projet de banque publique d'investissement.

Le gouvernement va plafonner les salaires des patrons d'entreprises publiques. Le décret sera examiné ce matin en conseil des ministres. Le plafond sera fixé à 20 fois la moyenne des plus bas salaires dans les entreprises concernées. Un plafond appliqué à tous les mandataires sociaux mais pas aux salariés classiques, ce qui évite de passer par la loi pour modifier le Code du travail.

Après l'Espagne, l'Italie au centre des spéculations sur la crise financière. Les taux italiens sont repartis à la hausse hier sur les marchés, au dessus du seuil inquiétant de 6% pour le taux à 10 ans.

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