La scène a été racontée (la première fois, me semble-t-il, mais je peux me tromper) dans le livre de Laurent Mauduit, consacré à l'affaire Tapie ("Sous le Tapie", chez Stock). Le 23 octobre 2006, Nicolas Sarkozy, qui n'est pas encore Président de le République, remet la légion d'honneur à Stéphane Richard. Qui lui n'est pas encore patron d'Orange évidemment. Même pas directeur de cabinet de Christine Lagarde, à Bercy. Stéphane Richard à l'époque est un ancien inspecteur des finances, passé par HEC et l'ENA, qui a fait fortune en reprenant la branche immobilière de Vivendi, que lui cède à l'époque Jean-Marie Messier: ça deviendra Nexity. En lui remettant sa légion d'honneur, en 2006, Nicolas Sarkozy prononcera ces mots: "tu es riche, tu as une belle maison. Tu as fait fortune. (...) C'est la France que j'aime". Hier soir, c'est François de Rugy, le co-président du groupe écologiste à l'Assemblée nationale, qui rappelait cet épisode pour justifier sa position. Les Verts, en effet, ce sont quasiment les seuls (dans la classe politique) à réclamer le départ de Stéphane Richard de la tête d'Orange, après sa mise en examen pour "escroquerie en bande organisée". Bien sûr, il a la présomption d'innocence, "le coeur de notre Etat de Droit", rappelle, ce matin, une juriste, dans les colonnes des Echos. Marie-Anne Frison-Roche qui avance, également, un autre argument plaidant pour son maintien à la tête de l'entreprise: "les fonctions actuelles de Stéphane Richard n'ont pas de rapport avec ses fonctions, à l'époque des faits examinés". Cette "étanchéïté", le député Vert François de Rugy, pour le coup, la consteste: s'il est à la tête d'Orange aujourd'hui, c'est précisément parce qu'il a été directeur de cabinet de Christine Lagarde, un poste qui traditionnellement sert "d'accélérateur" de carrière, et facilite le passage du public au privé. Pour Stéphane Richard, qui espérait EDF, mais a obtenu, au final, France Telecom-Orange, ce fut le cas, comme pour d'autres. "C'est regrettable" affirme l'écologiste François de Rugy, "l'endogamie de notre élite politico-économique se vérifie encore" mais la conséquence aujourd'hui, c'est que l'un ne va pas sans l'autre. La mise en cause de Stéphane Richard, ancien dir-cab à Bercy fragilise, mécaniquement, Stéphane Richard, PDG d'Orange.

Transparence. Depuis quelques jours, la Droite accuse le gouvernement de cacher l'ampleur de ces pertes, l'ampleur du dérapage budgétaire. Hier, à l'Assemblée nationale, en Commission des Finances, Bernard Cazeneuve a contre-attaqué et "joué la transparence". Il va manquer, selon le ministre du budget, 14 milliards d'euros de rentrées fiscales ou sociales, cette année, par rapport à ce qui était prévu. En raison d'une croisance à zéro, et même légèrement négative, Bercy anticipe, 1 milliard de moins value d'Impôt sur le revenu, 2 milliards sur l'impôt-société et 4,5 milliards perdu sur les rentrées de TVA. Le ministre du budget maintient sa prévision de déficit à 3,7%.Aluminium. L'avenir de l'usine Rio Tinto, à St Jean de Maurienne, en Savoie. Selon les Echos ce matin, le dossier avance. L'Allemand Trimet pourrait reprendre l'activité, en partenariat avec EDF. Le groupe public prendrait jusqu'à 40% du capital, et fournirait à l'usine d'aluminium-c'est l'une des clés du problème- une électricité moins chère.

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