Dollar et pétrole, pétrole et dollar : ces deux-là font à nouveau parler d'eux, depuis quelques jours. Alors qu'on se demande comment qualifier la période économique actuelle, un "tournant" dans la crise, ou (plus prudent) "le tout début du processus devant mener à la fin de la crise", ou encore (plus imagé) "la fin de la chute libre, mais la poursuite de la dégringolade" (ça, c'est l'expression d'un analyste). Bref, alors qu'on ne sait pas tout à fait ce qui se passe en ce moment, le dollar et le pétrole reprennent leur traditionnelle danse. Qui veut, notamment, que quand l'un recule, l'autre avance. Les marchés, depuis plusieurs semaines, anticipent une reprise de l'activité économique. Résultat : les investisseurs reprennent (un peu) goût au risque et se détournent des actifs et des marchés, exprimés en dollar. Le billet vert perd son statut de valeur-refuge autrement dit, et recule... face à l'euro, face à la livre-sterling, face au franc suisse. Ce recul du dollar est aussi alimenté par la crainte du retour d'une forte inflation, aux Etats-Unis, à la sortie de cette crise. Eh bien, comme un effet de miroir, les mêmes causes provoquent des résultats parfaitement inverses pour le pétrole. On le sait, la baisse des cours du brut est terminée depuis le début de cette année. On a touché un plancher à 40 dollars le baril, et depuis, ça remonte, ça remonte tellement qu'on a repassé, hier (en séance) la barre des 60 dollars. Les causes sont les mêmes que pour le dollar en baisse. On anticipe une reprise de l'activité, on fuit l'inflation, et on suit les marchés boursiers. Hier, ça s'est passé exactement comme ça, minute par minute : le dollar a baissé, les cours du brut ont grimpé, puis ils sont (un peu) retombés quand la devise américaine s'est légèmenent redressée, s'est redressée parce que Wall Street venait de passer "dans le rouge". Un spécialiste traduit : "le marché pétrolier se préoccupe plus du dollar et de la bourse que des raffineries". Ce n'est même plus un duo en fait, mais un trio infernal. Salaires et profits : le rapport Cotis remis à Nicolas Sarkozy, aujourd'hui. Jean-Philippe Cotis, c'est le Directeur général de l'INSEE. Nicolas Sarkozy lui a commandé ce rapport pour trancher la question, en France, du partage des richesses. Alors à grand trait, le rapport montre que (1) la part des salaires dans la valeur ajoutée est stable, depuis 30 ans, (2) l'écart entre les plus riches et les plus pauvres est lui-aussi plutôt stable, si on exclut les 13 000 Français les plus riches, qui gagnent plus de 300 000 euros par an, (3) que les salaires progressent très mollement : 1% en moyenne, par an et que (4) les dividendes versés aux actionnaires, eux, progressent très vite. La balle est maintenant dans le camp des partenaires sociaux, appelés à négocier. Le Médef veut travailler à une simple refonte de l'épargne salariale. Les syndicats insistent pour parler "salaires". La SNCF, rattrappée par la crise. Son chiffre d'affaires a baissé de plus de 7%, au premier trimestre de cette année. En cause : le ralentissement du trafic marchandise, mais le TGV voit aussi son chiffre d'affaires se réduire, d'un peu plus de 2%.

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