Ca n'a surpris personne: hier, les responsables des agences chargées de la surveillance des centrales nucléaires européennes ne sont pas parvenus à s'entendre, au sujet des tests de résistance que l'Europe a promis de faire passer aux 143 réacteurs du continent. Il s'agit des fameux "stress tests", décidés après la catastrophe de Fukushima. Le but est de savoir, si oui ou non, nos installations nucléaires peuvent résister à un événément similaire à celui qu'ont vécu les japonais. S'ils n'ont pas réussi à s'entendre hier, c'est que les régulateurs européens du secteur nucléaire s'étripent sur cette question: faut-il tester, puisqu'on y est, le risque terroriste, ou le risque d'un crash aérien sur une centrale? Il y a ceux qui y sont favorables (le commissaire européen à l'énergie, par exemple). Et puis il y a ceux qui préfèrent qu'on se limite aux risques naturels -"c'est déjà beaucoup"-. On y trouve, notamment, les Britanniques et les Français. Chez les économistes, certains regardent avec beaucoup d'intérêt, et (pourquoi ne pas le dire), avec un certain amusement, ces discussions. En fait, pour eux, c'est du "déjà-vu", une sorte de remake. "Dans la finance, on a vécu, et on vit encore, exactement la même chose", explique un économiste. Une catastrophe (la chute de Lehman Brothers), une panique mondiale, puis la réaction des autorités européennes, qui ont dit: "pour savoir si une telle faillite bancaire peut se produire chez nous, il nous faut tester nos banques!". Des "stress tests" ont, donc été menés (une deuxième vague est même en cours) mais ils ont montré, de façon spectaculaire, leur limite puisque des banques (irlandaises, notamment) ont passé le test avec succès, mais elles ont dû être sauvées quelques mois plus tard, à coup de milliards d'euros! Pourquoi un tel échec? Parce que les "stress tests", c'est tout simplement un exercice impossible: soit vous retenez des hypothèses très dures (un attentat terroriste, pour les centrales, la faillite de la Grèce pour les banques) et alors vous vous apercevez qu'il y a forcément de "la casse" et un réel danger: vous créez de l'inquiètude. Soit, pour éviter la panique, vous choisissez un "scénario catastrophe" plus léger. Et alors vos tests ne servent à rien. Pour les banques, comme le nucléaire, on en est là! Croissance à 1% au premier trimestre! L'INSEE a confirmé, il y a quelques minutes, cette estimation que François Fillon et la ministre de l'économie n'ont pu s'empêcher de dévoiler, dès hier soir. C'est la meilleure performance trimestrielle depuis 2006. 1%, ça dépasse toutes les prévisions des économistes, y compris les plus optimistes. "Les moteurs de la croissance sont, pour certains d'entre eux, à leur meilleur niveau depuis 30 ans", selon Christine Lagarde. C'est le cas, effectivement, de la production manufacturière. Ce rythme de croissance, selon la plupart des économistes, mais ils peuvent se tromper, la preuve, ne devrait pas se maintenir au 2ème trimestre. La sécherresse n'inquiète pas seulement les agriculteurs, mais aussi EDF. Faute de pluie et de neige cet hiver, l'électricien a dû réduire sa production hydraulique. De 20%! Le stock d'eau dans les barrages, est tout proche de celui de 2003, année de la canicule.

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