"On connaissait Emmanuel Macron, ancien banquier d'affaires, on le dénonçait même, c'est l'ancien assistant de Paul Ricoeur, qui apparaît aujourd'hui. Paul Ricoeur, le "philosophe de l'éthique". Rien que ça. C'est, ainsi qu'un soutien du ministre de l'Economie commentait, hier soir, le renoncement surprise et les déclarations vengeresses d'Henri Proglio. L'ancien patron d'EDF a renoncé, avec fracas, à prendre la présidence du groupe de défense Thales, "sali" dit-il par une campagne orchestrée depuis Bercy, et disons-le plus clairement, par Emmanuel Macron, lui-même. Phrase choc d'Henri Proglio: "il faut arrêter de me prendre pour un guignol, un espion, un goinfre, un traite". Avant de se dire victime d'un "procès en sarkozysme". L'affaire couvait depuis des semaines. Voici le rappel des faits. Henri Proglio était, donc, pressenti pour prendre la présidence de Thales. Dassault, actionnaire du groupe, l'avait proposé. L'Etat, l'autre actionnaire de référence, avait acquiescé, avant de rechigner. D'abord, en remettant en cause le salaire prévu (360 mille euros, finalement ramenés à 140 mille). Ensuite en demandant à Henri Proglio de renoncer à ses autres activités: des mandats d'administrateurs, au sein du russe Rosatom, présent dans le nucléaire civil et militaire. C'est là qu'Emmanuel Macron, l'ancien banquier, parle "d'éthique". Pointe, plus clairement encore, des "conflit d'intérets". "Rien de personnel" vis-à-vis d'Henri Proglio, l'homme, le chef d'entreprise, ou même celui, qui au bras de Rachida Dati, a été vu à "la Nuit du Fouquet's", le soir de l'élection de Nicolas Sarkozy en 2007. Ce qui pose problème, c'est bien l'existence d'un imposible cumul de fonctions: président du principal groupe de défense français, d'une part, et, de l'autre, administrateur pour le compte d'une agence publique russe. Et, à Bercy, on ne parle même pas de la dernière révélation en date: Henri Proglio est aussi administrateur d'une banque russe, sous le coup des sanctions occidentales. Du côté de Dassault, on n'est "pas très heureux" de cette situation (le renoncement d'Henri Proglio) et on rappelle que l'Etat avait donné son accord, avant de changer d'avis. Dans l'entourage d'Emmanuel Macron, on jure que, "dès le début", toutes les conditions avaient été posées. Henri Proglio qui n'a pas voulu choisir, Bercy n'a pas cédé, et c'est ce qui a mené au clash d'hier. En tout cas, au nom de l'intétêt supérieur de Thales, mais aussi, sans doute, grâce au contexte postif du moment (la vente des Rafales), les 2 actionnaires, contraints de s'entendre, devraient en rester là. "On a l'habitude, on cohabite" dit, résigné, Eric Trappier, le PDG de Dassault.

Rebond. C'est, donc, la bonne nouvelle de ce matin: la croissance française nettement à la hausse. +0,6%, vient de dire l'INSEE. Forte hausse, après un "zéro pointé", fin 2014. La France a fait, plus fort, au premier trimestre, que les Etats-Unis, ou le Royaume-Uni. C'est, notamment, la consommation des ménages qui a boosté l'activité (merci à la baisse du pétrole!). L'investissement des entreprises, en revanche, progresse à peine.

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