Les ministres des finances du G20 ont rendez-vous, ce week-end à Londres. Ils préparent, pour leurs patrons, chefs d'Etat et de gouvernements, le Sommet du 2 avril au même endroit, censé apporter des réponses concrètes à la crise, et engager la "refondation" du système financier international. Le moins que l'on puisse dire, c'est que ça ne commence pas franchement bien : Américains et Européens s'opposent, publiquement, sur les priorités. A Washington, c'est la relance, l'urgence, et du coup, on se plaint de la "molesse" des plans européens, "pas à la hauteur de l'enjeu." En Europe, on répond que les mesures prises sont suffisantes et on renvoie à l'envoyeur, les hésitations et les voltes-face (de l'administration Obama, donc) dans la gestion du sauvetage des banques américaines, grandes responsables de la crise. Christine Lagarde, ce matin, dans une interview aux "Echos", parle d'ailleurs de mesures "impressionnistes", un adjectif qui n'est pas choisi pour faire plaisir aux responsables du Trésor américain. Bref, "ça tangue un peu", avant les réunions de ce week-end, sauf, sur un point : l'avenir du Fonds Monétaire International. Sur cet aspect précis, Européens et Américains semblent d'accord : il faut augmenter les ressources du FMI (jusqu'à 500 milliards de dollars peut-être). Chez les Européens, ce discours est assez classique. Du côté américain, c'est assez nouveau puisque traditionnellement (et sous l'ère Bush, plus encore qu'avant) tout ce qui est "organisation multilatérale" est considéré avec beaucoup de réticences et de méfiance. Le "changement de pied" américain est, donc, une bonne nouvelle, même s'il dit beaucoup de la gravité de la situation : les Américains comprennent qu'ils n'arriveront pas, seuls, à contrer cette crise qui pourrait empirer, et donc obliger le FMI à de nouveaux sauvetages, en urgence, de pays en difficulté. Pour les détracteurs "traditionnels" du FMI, l'afflux de cet argent frais pour l'organisation n'est pas, non plus forcément une "bonne nouvelle": le Fonds doit aussi, disent-ils, mettre fin définitivement à ses pratiques anciennes, les fameux "ajustements structurels" qui ont fait tant de mal. Dominique Stauss-Khan, le directeur général de FMI, le sait et le répète (notamment en Afrique, cette semaine): pour le FMI, ce n'est pas qu'une question d'argent, mais aussi de pratiques et d'image. Le prix du gaz va baisser ! On aura attendu tout l'hiver alors que les prix des carburants, eux, baissaient ! La baisse des tarifs du gaz est, maintenant, programmée pour le 1er avril. Et selon "Le Figaro" de ce matin, elle sera "forte": -7%, ou même -10%. Le gouvernement doit trancher dans les jours qui viennent. En arbitrant entre l'intérêt des consommateurs et ceux de GDF Suez. Dites "61". Nouvelle séance de négociations, hier, sur l'avenir des retraites complémentaires. Le Médef a proposé un recul à 61 ans pour toucher une retraite complémentaire. Le tollé est général, côté syndicats. Les paradis perdus. Les paradis fiscaux, et les pays du secret bancaire commencent à céder, un à un, aux pressions internationales. Andorre, le Lichtenstein et la Belgique promettent de mieux coopérer à l'avenir et, sinon, de mettre fin, du moins d'assouplir, leur secret bancaire. La Suisse s'apprête à annoncer, aujourd'hui, des "mesures concrètes" sur ce même thème. Silence, jusqu'ici, à Monaco. 59 milliards. C'est le montant des profits du CAC 40, l'année dernière. Le recul est net : -40% par rapport à 2007, année record, cela dit. 2 tiers de ces bénéfices iront aux actionnaires. Des dividendes en baisse, globalement, de 8%.

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