La dernière qu'on a vu et parlé, directement, à Pierre Graff, le patron d'Aéroports de Paris, ça commence à dater: c'était en décembre 2010. La neige bloquait les aéroports, et, vous vous en souvenez, peut-être, il manquait du glycol, le produit qui sert à dégivrer les avions. Pierre Graff était venu à France Inter se défendre des accusations de négligence. Se defendre, aussi, de privilégier la rentabilité, aux services dûs aux compagnies et aux usagers. Cet hiver, on a aussi reparlé d'ADP mais c'était au sujet de la grève des agents de sécurité pour des hausses de salaires. Hier, c'est, selon ses propres termes, pour quelque chose de "plus amusant" qu'on a réussi à le joindre, alors qu'il descendait de son avion, en provenance d'Istanbul. Le patron d'Aéroports de Paris venait d'y signer un important Accord: un rachat à plus de 900 millions de dollars. ADP, avec 38% des parts, a pris le contrôle de TAV, le grand concessionnaire d'aéroports turc. Avec cet achat, Aéroports de Paris "change de dimension", selon Pierre Graff. Il rejoint le trio de tête des groupes mondiaux d'aéroports. Au total, après cette opération, il va gérer 37 aéroports à travers le monde: les 10 gérés par l'opérateur turc s'ajoutent à d'autres: 13 aux Mexique, celui d'Aman, d'Alger, de Conakry... Dans ce mileu, on compte en nombre de passagers: ADP, désormais, peut en mettre 180 millions par an, à son actif. Rien que l'aéroport Atatürk d'Istanbul voit passer près de 40 millions de passagers par an. Orly, c'est 25 millions. Pierre Graff, au téléphone hier, précisait mais c'était pas utile que son principal actionnaire, l'Etat français, évidemment, valide et soutient cette opération. Qui a pour but d'assurer le développement futur de l'entreprise. Elle va aller chercher, désormais, à l'étranger, sa croissance. Même si les opportunités sont rares, ADP veut acquérir d'autres aéroports: dans des "zones à forte croissance, mais pas trop risquées": la Turquie en est l'exemple parfait. L'opération turque devrait, d'ailleurs, promet Pierre Graff, rapporter de l'argent à ADP, dès l'année prochaine. Hier, jugeant l'opération trop chère, la bourse a, d'abord, mal accueilli l'Accord. Mais le titre ADP a, finalement, terminé en hausse. Qu'on ne s'y trompe pas: ADP est aujourd'hui une entreprise comme une autre.

Perdants/gagnants. Avec la restructuration de la dette grecque: l'argent n'est pas perdu pour tout le monde. Une partie de l'échange a eu lieu, hier: les créanciers privés de la Grèce ont troqué leurs obligations grecques contre de nouvelles, valant 2 fois moins. Au terme du processus, plus de 100 milliards d'euros seront effacés. Selon les Echos, ce matin, l'opération va rapporter, au total, 40 millions d'euros de commissions... aux avocats et aux banques-conseils impliquées. A elle seule, la banque Lazard dirigée par le Français Matthieu Pigasse, toucherait 25 millions d'euros de commission.En hausse. L'inflation. +0,4% en février, selon l'INSEE à l'instant. La faute aux carburants, mais aussi à la hausse du prix des produits frais. L'inflation, sur un an, se fixe à 2,3%L'impôt français. Lier l'impôt et la nationalité: proposition de Nicolas Sarkozy, hier soir. Pour le Président-candidat, c'est une manière de lutter contre l'exil fiscal des plus fortunés. Seuls les revenus du patrimoine sont visés.

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