Chez Renault, c'est aujourd'hui que Carlos Ghosn, en personne, et 3 des 4 syndicats représentatifs au sein de l'entreprise, signeront l'Accord sur la compétitivité du constructeur automobile. C'est un succès pour Carlos Ghosn: la CGC, la CFDT et Force Ouvrière représenent plus de 64% des salariés. Pour les syndicats signataires, à l'inverse, c'est tout sauf un moment agréable. Certes, ils ont obtenu un engagement sur les volumes de production en France, mais en même temps, ils entérinent la suppression de plus de 8 mille emplois, l'augmentation du temps de travail, une fléxibilité accrue et un gel des salaires, cette année. "C'est un Accord sans aucune contrepartie" estime, pour sa part, la CGT de Renault. Elle est opposée au texte mais, hier, en Comité Central, elle n'a toutefois pas voté contre. Elle s'est abstenue. Plus précisément "n'a pas pris part au vote". Alors, il faut toujours se garder de projeter la situation d'une entreprise particulière au niveau national, comparer la position d'un syndicat-maison à celle de sa confédération (dans l'affaire Renault, on a déjà souligné le "grand écart" de Force Ouvrière, opposé à l'Accord sur la réforme du marché du travail, mais qui signe un texte, très proche dans son esprit) mais cette "neutralité" finale de la CGT Renault surprend, à son tour. Et on est tenté, sans doute à tort, de faire le lien direct avec cette déclaration de Thierry Lepaon, ce matin, dans les Echos. Le sucesseur désigné de Bernard Thibault, l'affirme "je ne veux pas d'une CGT qui se contente de dire non". La semaine prochaine, lors du 50ème Congrés de son syndicat, il deviendra, officiellement, secrétaire général et fixe le cap dès ce matin. Thierry Lepaon veut une "CGT plus accessible, plus unie, plus utile". Excercice délicat pour qui prend la sucession d'un autre: "dire qu'on va faire différemment, sans avoir l'air de critiquer ce qui a été fait". Il s'en sort plutôt bien, en assumant un certain pragmatisme. Il refuse "l'opposition systèmatique". par exemple, adresse quelques satisfecits au gouvernement (les contrats de génération, la fin du jour de carence des fonctionnaires, l'amnistie syndicale) mais rejette sa rigueur qu'il juge "suicidaire", et l'Accord sur la réforme du marché du travail (on y revient) qu'il estime "destructeur". Au quotidien, la CGT signe des Accords dans les entreprises, mais Thierry Lepaon ajoute: "elle ne signe que les bons Accords. Pas n'importe quoi". Du "Thibault" tout craché.

Au secours. Le président des Caisses d'Allocations Familiales tire la sonnette d'alarme. Dans une lettre au gouvernement, rendue publique hier, il affirme que les CAF sont "au bord de la rupture". Avec la crise, la multiplication des demandes d'aides, "la charge de travail des Caisses d'Allocations Familales est devenue insupportable", écrit Jean-Louis Deroussen. Depuis plusieurs mois, certaines CAF ferment leurs accès au public, par moment, pour permettre le traitement des dossiers. Aux guichets, les files d'attente s'allongent.Dernière. Reprise, cet après-midi, des négociations sur les retraites complémentaires (entre le patronat et les syndicats). C'est la dernière séance... normalement. En jeu toujours, une revalorisation des pensions en dessous de l'inflation, c'est-à-dire une perte nette de pouvoir d'achat. Pour certains, les anciens cadres, ce pourrait être le cas dès le 1er avril prochain.

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