Il faut savoir se mouiller de temps en temps, même quand on est journaliste. Alors, à la question, ce matin : est-ce que les marchés vont apprécier ce Plan européen ? Il faut répondre : "évidemment oui". La journée, à la bourse de Paris, sera, sans nul doute, une très bonne journée pour tous ceux qui y investissent. Pour tous ceux qui boursicotent. Dès la fin de la semaine dernière déjà, les spécialistes expliquaient qu'ils étaient, à nouveau, acheteurs. Parce que les cours de bourse de certaines sociétés sont désormais bien trop bas, en dehors de toute réalité économique : Schneider, St-Gobain sont des valeurs "massacrées" qui ne demandent qu'à remonter. A la faveur de "bonnes nouvelles", et les annonces d'hier soir, clairement -pour les marchés- sont de bonnes nouvelles. Il y a 3 semaines, après l'annonce d'une ébauche de Plan, aux Etats-Unis (ce qui allait devenir le Plan "Paulson") le CAC 40, à Paris, avait bondi de plus de 9%, sa plus forte progression en une seule séance depuis 20 ans ! Mais voilà le problème : on a vu, ensuite, ce qui s'est passé. La "belle journée du 19 septembre à la Bourse de Paris" n'a, très vite, été qu'un vieux souvenir : les séances "dans le rouge" se sont succédées, et on a vécu, finalement, le pire, la semaine dernière : un recul de 22% ! Bref, aujourd'hui à la Bourse de Paris, ce sera sans doute une "belle journée" mais une journée un peu irréelle, qui ne veut pas dire grand chose. C'est évidemment sur une plus longue période qu'il faudra jauger l'efficacité des mesures de l'Eurogroupe. L'Europe a désormais son "Plan Paulson"! Et comme le Plan américain de sauvetage des banques, il aura fallu s'y prendre à 2 fois. Le G4 d'abord, de la semaine dernière : échec. Et maintenant l'Eurogroupe, c'était hier soir mais cette fois-ci, l'Europe "met le paquet" et joue, surtout, l'unité. Le Plan européen prévoit une entrée dans le capital des banques en difficulté, pour éviter toute nouvelle faillite. Il prévoit, également, une garantie des prêts interbancaires, ce marché totalement "gelé" depuis le début de cette crise (les banques ne se prêtant plus entre elles). Une réforme des normes comptables est également prévue. La "facture" totale, au niveau européen, se chiffrera en centaines de milliards d'euros. Peut-être en milliers de milliards. La Grande-Bretagne, l'Italie, l'Allemagne dévoilent, dès aujourd'hui, leur déclinaison nationale de ce Plan européen. Tout comme le gouvernement français : convocation d'un Conseil des ministres exceptionnel, cet après-midi. Un projet de Loi, pour permettre de refinancer les banques françaises sera examiné au Parlement dès demain.

L'équipe

Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.