On aurait tort d'ironiser sur le choix des 2 Prix Nobel d'économie attribués hier, aux Américains Elinor Ostrom et Oliver Williamson. 2 inconnus du grand public qui n'ont jamais travaillé ensemble, mais sont arrivés à la même conclusion: le marché ne peut pas tout! On pourrait, effectivement, ironiser sur le mode: le Comité d'attribution du Nobel -après une année "folle" qui a montré les limites du libre marché (dérégulé)- a enfin pris conscience que les économistes libéraux, qu'il a largement récompensés par le passé, se trompent! Ce serait plaisant, mais c'est faux: le Nobel d'économie a déjà été attribué à des chercheurs, disons... non-orthodoxes. Ostrom et Williamson, récompensés hier, s'inscrivent par exemple dans la lignée de 2 Nobel du début des années 90: Coase et North. Que disent-ils, donc? Un truc fou: chaque mode d'organisation a ses propres défaillances! Le marché, donc. Mais aussi l'Etat! Entre les 2, il y a des solutions collectives: un système de copropriété, par exemple, pour gérer un immeuble. Il y a aussi la régulation. Et c'est là, évidemment, qu'on rejoint le contexte actuel, et les leçons à tirer de la crise finanicère. Oliver Williamson a travaillé sur l'organisation des entreprises, avec cette interrogation: pourquoi fuient-elles, par moment le marché? Par exemple, en rachetant un fournisseur, ou un sous-traitant alors qu'on peut penser qu'en faisant jouer la concurrence, elle pourrait obtenir un meilleur prix? Réponse (qui fait du bien à l'oreille) parce que le collectif peut être plus efficace, moins cher! Elinor Ostrom, elle aussi, nous carresse dans le sens du poil: "il faut donner la parole à la base". Aux initiatives locales, au savoir-faire individuels. Au Népal par exemple, elle a constaté que les modes d'irrigations traditionnels étaient plus efficaces que ceux présentés comme "modernes" (et imposés par la Banque Mondiale). Sa conclusion: la gestion des ressources rares -un thème la aussi d'actualité- (l'eau donc, la fôret, les stocks d'élevage ou de poissons), ces biens qui n'appartiennent à personne peuvent parfaitement être gérés collectivement. Y compris dans une société développée: comme la Californie où elle a étudié la gestion des ressources en eau. Pour arriver à la même conclusion. Les Britanniques renouent avec les privatisations. Annonce, hier, de Gordon Brown, qui en attend plus de 17 milliards d'euros de recttes. L'objectif, c'est rembourser la "dette de crise": les plans de relance et de sauvetage des banques britanniques. Le gouvernement britannique s'apprête ainsi à vendre sa seule ligne à grande vitesse (entre Londres et le tunnel sous la Manche), la société publique de paris hippiques ou encore un organisme qui distribue des prêts aux étudiants. A Paris, Christine Lagarde écarte un tel scénario pour la France: "On en est pas là" dit-elle! Le nouveau geste de la direction de France Telecom / Orange. Elle est confrontée à une série de suicides. Hier, Didier Lombard et son nouveau n°2, Stéphane Richard se sont rendus à Cahors pour annoncer l'abandon d'un projet de transfert d'une unité vers Montauban. "J'ai compris la pression sociale et les contraintes familiales" a déclaré le pédégé de France Telecom.

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